Combien gagne Hervé Mathoux ?

19/09/2026

Le salaire d’Hervé Mathoux fait fantasmer. Le journaliste de Canal+ dit gagner « beaucoup moins » qu’on ne l’imagine, sans jamais citer de chiffre.

Dix-neuvième saison, même présentateur. Canal+ a ouvert l’exercice 2026-2027 du Canal Football Club avec Hervé Mathoux aux commandes, entouré notamment de Laure Boulleau, Bertrand Latour et Samir Nasri. Le 13 septembre, le journaliste a animé une édition de cinquante-cinq minutes consacrée au derby de Manchester, aux déclarations de Kylian Mbappé et à la situation de l’Olympique de Marseille, quelques jours après trois soirées de Canal Champions Club, les 8, 9 et 10 septembre. Présent chaque week-end à l’antenne depuis 2008, il a toujours gardé pour lui le montant de sa fiche de paie.

Le seul repère chiffré vient de lui. Le 10 avril 2024, sur le plateau de Chez Jordan, l’animateur Jordan de Luxe soumet à Hervé Mathoux l’hypothèse d’une rémunération de 40 000 euros par mois. Le présentateur l’écarte sans détour : « Si je dis 40 000 euros par mois, on n’est pas du tout là-dedans. Je gagne beaucoup moins que ce que les gens imaginent. »

Cette réponse fixe une borne haute, et rien de plus. Hervé Mathoux n’a avancé aucun montant, ni mensuel ni annuel. Il n’a pas davantage précisé s’il raisonnait en brut ou en net, un détail qui déplace pourtant la somme de plusieurs milliers d’euros à ce niveau de revenu. Ni Canal+ ni lui n’ont appuyé ce plafond sur un document : il s’agit d’une déclaration, que personne n’est en mesure de vérifier sur pièces.

Dans le même entretien, le journaliste assure gagner « beaucoup plus » que ce qu’il imaginait percevoir au moment de choisir le métier. Il pose ainsi lui-même deux repères. Le premier est chiffré, puisqu’il se dit loin des 40 000 euros mensuels. Le second tient à ses attentes de jeune diplômé, qu’il ne quantifie pas. Entre ce plafond et ce plancher implicite, la marge reste considérable : toute somme nettement inférieure à 40 000 euros, y compris deux ou trois fois moindre, s’accorde avec ses propos.

Le vocabulaire choisi par le présentateur compte aussi. « Beaucoup moins » écarte l’idée d’un salaire à peine inférieur au montant évoqué. « Beaucoup plus » que ses attentes de débutant décrit une rémunération qu’il juge lui-même confortable. Hervé Mathoux a donc livré une appréciation, assortie d’une limite, en laissant le chiffre hors du champ.

Un contrat salarié, sans compteur d’émissions

Hervé Mathoux a fourni, dans le même échange, une indication sur la nature de son contrat. « Je ne gagne pas du tout par émission, a-t-il expliqué. Moi, je suis un salarié de Canal+. Que je fasse 10 émissions, 15, 20, 30, c’est pareil. » Le présentateur se range ainsi parmi les employés de la chaîne, loin des intervenants rémunérés au cachet, c’est-à-dire à chaque apparition.

Cette précision, qui repose sur sa seule parole, ferme une piste de calcul. Hervé Mathoux présente le Canal Football Club chaque semaine de championnat et le Canal Champions Club les soirs de Ligue des champions. Multiplier ce volume par un tarif unitaire ne mènerait nulle part, puisque le journaliste affirme toucher la même somme quel que soit le nombre de numéros. Plus il occupe l’antenne, moins son temps d’écran renseigne sur ce qu’il perçoit.

D’autres composantes restent dans l’ombre. Hervé Mathoux n’a rien dit d’une éventuelle part variable, de primes, d’avantages en nature ou de rémunérations attachées à certains programmes. Canal+ n’en dit pas plus : ses documents financiers et de gouvernance détaillent la politique de rémunération de ses dirigeants et les sommes versées aux membres du Directoire, mais ne chiffrent aucun salaire individuel de journaliste ou de présentateur. Au 17 septembre 2026, le groupe n’a publié aucun élément sur le contrat d’Hervé Mathoux.

160 000 euros, le chiffre de Pierre Ménès

Un montant revient pourtant dans de nombreux articles consacrés aux salaires du Canal Football Club. Un dossier sur les rémunérations de la télévision attribuait 160 000 euros par an, soit environ 13 300 euros par mois, à Pierre Ménès, alors chroniqueur de l’émission et des Spécialistes. L’intéressé a lui-même confirmé cette somme, en la chiffrant à 13 250 euros mensuels. Certaines reprises imprécises ont ensuite glissé ce chiffre vers le présentateur de l’émission.

Le second montant en circulation désigne la même personne. En octobre 2021, Pierre Ménès a évoqué une rémunération d’environ 15 000 euros bruts par mois à la fin de son passage chez Canal+, soit près de 10 000 euros nets après prélèvement à la source, selon ses calculs. Ce passage du brut au net montre l’écart que la déclaration d’Hervé Mathoux laisse dans le flou.

Les chiffres avancés par l’ancien consultant ont varié au fil des années. En 2019, il parlait d’environ 11 000 euros mensuels. Des déclarations plus récentes ont distingué son salaire, ses droits à l’image et ses revenus tirés de collaborations commerciales. Ces écarts tiennent à des périodes, des contrats et des périmètres différents, tous propres à Pierre Ménès.

Les deux hommes occupaient d’ailleurs des postes distincts. Pierre Ménès intervenait comme chroniqueur et consultant. Hervé Mathoux présente l’émission et participe à sa direction éditoriale. Rien, dans les propos de l’un ou de l’autre, ne laisse penser que leurs contrats obéissaient aux mêmes règles, si bien que les montants de l’ancien chroniqueur ne renseignent en rien sur le présentateur.

Trente-six ans de métier entre TF1 et Canal+

La curiosité du public s’explique par un parcours long. Diplômé en 1989 de la dixième promotion de l’Institut pratique du journalisme, Hervé Mathoux entre en stage à TF1 en 1990, avant d’y être titularisé. Il y présente le magazine Formule Foot, commente les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et d’Atlanta en 1996, et participe à la couverture de l’Euro 1996 comme de la Coupe du monde 1998.

La même année, Canal+ le recrute pour animer Jour de foot. Il enchaîne avec L’Équipe du dimanche, de 2002 à 2008, et plusieurs programmes consacrés à la Ligue des champions et à la Coupe du monde. En 2008, la chaîne lui confie le Canal Football Club dès sa création. Le journaliste totalise ainsi trente-six ans de carrière, dont vingt-huit au sein du groupe.

Son rôle déborde la présentation. En 2024, Hervé Mathoux se décrivait comme co-rédacteur en chef du Canal Football Club et du Canal Champions Club : il dit participer au choix des sujets, à leur traitement et à la correction de certains angles. Cette fonction, qu’il revendique, le distingue d’un chroniqueur invité ponctuellement sur un plateau.

Ancienneté et responsabilités éditoriales plaident pour un contrat valorisé. Le même homme affirme pourtant gagner bien moins que les 40 000 euros qu’on lui prêtait. Son profil justifie qu’on s’interroge sur son salaire ; il ne fournit aucun moyen de le mesurer.

Hors du plateau, l’Argentine et Europe 1

Le journaliste signe aussi des programmes à part. En 2026, Canal+ a diffusé C’est pas grave d’aimer l’Argentine, un documentaire de cinquante minutes sur la rivalité née entre les sélections française et argentine. La fiche officielle de la chaîne attribue le film à Hervé Mathoux, parti tourner en Argentine à l’approche de la Coupe du monde 2026.

Un an plus tôt, Europe 1 lui avait confié Formidables échecs, une série d’entretiens diffusée à l’été 2025. Le présentateur y interrogeait des personnalités, parmi lesquelles le comédien Clovis Cornillac, la navigatrice Maud Fontenoy ou le chef Thierry Marx, sur leurs échecs et la manière dont elles les avaient surmontés, dans des épisodes de quarante à cinquante minutes.

Ces deux activités relèvent de cadres différents. Le documentaire, produit pour son employeur, peut entrer dans son contrat salarié. L’émission de radio, diffusée sur une autre antenne, suppose un accord distinct. Ni Canal+, ni Europe 1, ni Hervé Mathoux n’ont précisé s’il s’agissait d’un cachet, d’un contrat spécifique ou d’une autre formule. Le revenu total du journaliste excède donc probablement son seul salaire de Canal+, sans qu’aucun des trois acteurs ait donné d’ordre de grandeur.

Salaire et fortune

Certains sites publient enfin une estimation de la « fortune » d’Hervé Mathoux. Leurs auteurs n’appuient ces chiffres sur aucune déclaration fiscale, aucun compte de société attribuable au journaliste, aucune donnée patrimoniale vérifiable, et ne détaillent pas leur méthode. Le présentateur, de son côté, n’a jamais évoqué ses biens ni ses placements.

Ces sites confondent au passage deux grandeurs. Un salaire mesure un revenu versé chaque mois. Un patrimoine additionne biens immobiliers, épargne, placements financiers et participations dans des sociétés, puis retranche les dettes et les emprunts.

Les informations relatives aux revenus, patrimoine ou rémunérations mentionnées dans cet article sont issues de sources publiques (déclarations fiscales rendues publiques, rapports officiels, estimations de tiers, déclarations des intéressés eux-mêmes ou de leurs représentants, ainsi que de publications et articles de presse). Ces données sont fournies à titre informatif et peuvent être approximatives, incomplètes ou ne plus refléter la situation actuelle à la date de lecture. Elles ne constituent en aucun cas une évaluation comptable ou juridique certifiée. Toute personne concernée qui souhaiterait apporter un correctif peut contacter la rédaction à l'adresse suivante : contact [@] combiengagne.fr.

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Ancienne journaliste d'investigation pour le magazine Entreprendre, spécialisée dans l'audiovisuel, Laura Picard décrypte pour Combien Gagne les rémunérations des présentateurs, animateurs, comédiens et figures du PAF. Elle s'appuie sur les rapports d'activité des chaînes, les bilans des sociétés de production et les déclarations publiques.

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