Un sapeur-pompier volontaire touche une indemnité horaire ; un professionnel reçoit un traitement mensuel. Grades et primes expliquent les écarts de revenu.
Les services départementaux d’incendie et de secours, les SDIS, appliquent aux sapeurs-pompiers professionnels une grille nationale puis attribuent des indemnités liées aux fonctions et à l’affectation. L’indemnité de feu atteint 25% du traitement de base. Depuis l’arrêté du 17 novembre 2025, un sapeur-pompier volontaire perçoit 8,71 euros par heure d’activité au grade de sapeur. Ces règles tracent des revenus très différents sous un même uniforme.
Le premier salaire, en trois lignes
Un caporal de sapeurs-pompiers professionnels recruté au premier échelon reçoit 1 806,66 euros brut par mois de traitement indiciaire. La grille de la fonction publique territoriale associe chaque grade et chaque échelon à un indice majoré, qui sert à calculer ce traitement.
L’indemnité de feu s’ajoute à cette première ligne. Elle équivaut à 25% du traitement soumis à retenue pour pension. Pour ce caporal, elle atteint 451,67 euros brut. Le total s’établit ainsi à 2 258,33 euros brut par mois, avant les indemnités liées au poste, aux spécialités ou à l’affectation.
Ce calcul donne un repère plus solide que le traitement de base isolé. Il ne fixe pas pour autant un net identique pour tous les agents. Un professionnel non officier en début de carrière peut espérer un net avant impôt compris, en ordre de grandeur, entre 1 800 et 2 000 euros. Les cotisations, le poste opérationnel, le lieu de travail et le cycle de garde déplacent ensuite ce résultat. Le grade ouvre donc le calcul ; il ne ferme pas la fiche de paie.
Sous un uniforme, plusieurs statuts
Cette fiche de paie concerne les sapeurs-pompiers professionnels territoriaux. Les SDIS emploient ces fonctionnaires et les rémunèrent chaque mois selon leur grade, leur échelon et les indemnités attachées à leur emploi.
Les sapeurs-pompiers volontaires suivent un autre régime. Leur activité est non lucrative et ouvre droit à des indemnités horaires pour les interventions, la formation et certaines activités de service. L’arrêté du 17 novembre 2025 fixe les taux de base à 8,71 euros de l’heure pour les sapeurs, 9,35 euros pour les caporaux, 10,55 euros pour les sous-officiers et 13,11 euros pour les officiers.
Ces montants rétribuent un temps d’activité ; ils ne dessinent pas un salaire mensuel. Les interventions, les gardes, les astreintes et les formations suivent des règles distinctes, tandis que les volontaires exercent fréquemment une autre activité professionnelle. Les vacations échappent à l’impôt et aux prélèvements sociaux.
La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris et le Bataillon de marins-pompiers de Marseille relèvent, enfin, du statut militaire. Leur solde, leur régime de pension, leur logement éventuel et leurs indemnités obéissent aux règles des armées. Le revenu d’un pompier se lit donc d’abord à travers son statut.
La grille puis les primes
Le statut détermine la grille, et la grille détermine le traitement indiciaire. L’administration calcule celui-ci à partir de la valeur annuelle de l’indice majoré 100, fixée à 5 907,34 euros depuis le 1er juillet 2023. Un agent classé à l’indice majoré 366 perçoit ainsi 1 801,73 euros brut par mois, le minimum applicable à temps complet dans la fonction publique.
L’indemnité de feu augmente ce socle selon une règle commune à tous les sapeurs-pompiers professionnels. Pour un traitement proche de 1 800 euros, elle ajoute environ 450 euros brut. Cette part nationale donne au bulletin une assise prévisible, même lorsque le SDIS change.
Le poste exercé ouvre ensuite droit, le cas échéant, à une indemnité de responsabilité. Celle-ci varie selon le grade et l’emploi confié à l’agent. Un caporal équipier, un chef d’équipe et un officier de garde n’assument pas les mêmes responsabilités opérationnelles et ne perçoivent pas les mêmes taux.
Les SDIS peuvent aussi indemniser des spécialités. Plongée, secours en montagne, risque chimique, sauvetage-déblaiement ou fonctions de commandement peuvent ajouter une ligne au bulletin, à condition que le service confie effectivement l’activité au professionnel. La formation seule ne paie pas une spécialité.
D’autres compléments suivent la situation de l’agent. L’indemnité de résidence atteint 0%, 1% ou 3% du traitement indiciaire selon la commune d’exercice. Le supplément familial de traitement varie avec le nombre d’enfants à charge. Ces lignes relient le salaire au territoire et au foyer ; elles ne caractérisent pas le métier.
La carrière au-delà du caporal
Les indemnités prolongent la grille ; la carrière la fait progresser. Les sapeurs-pompiers professionnels non officiers appartiennent à un cadre d’emplois qui comprend notamment les grades de sapeur, caporal, sergent et adjudant. Chaque échelon relève l’indice majoré. Chaque promotion ouvre une autre grille.
Un sergent perçoit environ 1 821 à 2 368 euros brut de traitement indiciaire, selon son échelon. Avec l’indemnité de feu, cette fourchette atteint près de 2 277 à 2 960 euros brut, avant les autres compléments. Un adjudant reçoit pour sa part environ 1 836 à 2 501 euros brut de traitement indiciaire, soit jusqu’à plus de 3 125 euros brut après l’ajout de l’indemnité de feu.
Les lieutenants entrent dans les emplois d’officiers. Leur traitement indiciaire s’étend approximativement de 1 836 à 2 914 euros brut mensuels. Au sommet de cette grille, l’indemnité de feu porte le total au-delà de 3 640 euros brut avant le calcul de l’indemnité de responsabilité.
Les lieutenants-colonels et les colonels atteignent les niveaux les plus souvent mis en avant dans les comparaisons en ligne. Un lieutenant-colonel peut dépasser 4 000 euros brut de traitement indiciaire. Un colonel hors classe peut franchir 4 400 euros avant indemnité de feu. Ces montants correspondent à des emplois d’encadrement supérieur et à des carrières longues.
Concours, examens professionnels, ancienneté, mobilité et accès à certains postes organisent ce parcours. Le salaire le plus haut d’une grille décrit un point d’arrivée.
Le montant change avec le poste
Ce point d’arrivée n’efface pas les différences entre deux agents de même grade. Un caporal qui intervient comme équipier et un caporal chargé d’une équipe peuvent percevoir des indemnités de responsabilité différentes. Le SDIS attribue l’indemnité selon l’emploi occupé et les responsabilités exercées.
Le temps de travail amplifie encore ces écarts. Les sapeurs-pompiers professionnels assurent des gardes inscrites dans des cycles définis par chaque service. Les dépassements de ces cycles peuvent ouvrir droit à des indemnisations ou à du repos compensateur. Une garde de longue durée ne déclenche donc pas, par elle-même, une rémunération supplémentaire.
Les retenues transforment ensuite le brut en net. La Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, la CNRACL, prélève 11,10% sur le traitement indiciaire et la nouvelle bonification indiciaire, un supplément attaché à certains emplois. La retraite additionnelle de la fonction publique, la RAFP, prélève 5% sur les primes et indemnités dans la limite de 20% du traitement indiciaire. La contribution sociale généralisée et la contribution au remboursement de la dette sociale complètent ces prélèvements.
Le prélèvement à la source relève, lui, de l’impôt du foyer. Un candidat qui veut mesurer son revenu peut demander au SDIS son grade de recrutement, son échelon, son indice majoré, l’indemnité de feu, le taux de responsabilité du poste, les spécialités reconnues, le cycle de garde et une simulation de net avant impôt. Ces lignes donnent un montant.