Combien gagne un ostéopathe dans un club de football ?

30/10/2026

Du centre de formation du Paris FC à l’équipe première de Manchester City, les missions expliquent mieux les revenus que le prestige du club.

Au Paris FC, Yohann Lozach expliquait en 2022 partager ses semaines entre le centre de formation et son cabinet. A Manchester City, une annonce de juillet 2025 associait ostéopathie et physiothérapie pour l’équipe première, avec une prime annuelle discrétionnaire. Ces deux cas éclairent une réalité peu visible : dans le football professionnel, le montant versé dépend du temps demandé, des missions confiées et du statut du praticien.

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Les clubs ne publient presque jamais les rémunérations de leurs ostéopathes. Les rares documents accessibles décrivent des conditions de travail très différentes, depuis l’intervention rémunérée à la journée jusqu’au poste médical intégré.

Au PSG, 1 280 euros HT par jour

Un montant précis figure dans les archives de presse. En novembre 2005, Le Parisien écrivait que Jean-Michel Veaudor, alors ostéopathe du Paris Saint-Germain, bénéficiait d’une convention prévoyant 1 280 euros hors taxes par journée d’intervention. Le quotidien ajoutait le remboursement des frais kilométriques et évoquait une clause liée aux primes d’objectifs du club.

Cette convention fixait des honoraires, c’est-à-dire le prix facturé par un prestataire indépendant. Elle ne détaillait donc ni un salaire mensuel ni le revenu personnel de Jean-Michel Veaudor après ses dépenses professionnelles, ses cotisations et ses impôts.

Le Parisien précisait que l’ostéopathe intervenait auparavant deux fois par semaine, puis une fois au moment de la publication. Il accompagnait aussi le groupe lors d’une dizaine de journées annuelles de stages de préparation. Le tarif de 1 280 euros HT s’appliquait à une journée ; la facture annuelle variait avec le nombre de journées de présence et de stages.

Une autre archive du quotidien, publiée en mars 2006, reprenait le même tarif et les frais kilométriques. Cette seconde mention confirme que Le Parisien a publié ce montant à deux reprises, dans le même contexte contractuel.

Le reportage de 2005 décrivait également une négociation sur une clause de primes. Il ne publiait ni le nombre total de journées facturées sur une année, ni les charges professionnelles du praticien, ni l’issue de cette négociation. Les données disponibles établissent donc un tarif historique au PSG, sans fournir de barème pour la Ligue 1 en 2026.

Au Paris FC, le club et le cabinet

Ce tarif journalier ne dit rien, à lui seul, du temps qu’un praticien réserve à un club. Dans un entretien publié en mai 2022 par le Paris FC, Yohann Lozach, ostéopathe du centre de formation, décrivait une semaine partagée entre les matinées à Orly et son cabinet l’après-midi.

« À la création du Centre de Formation, je me suis définitivement tourné vers les jeunes, ce qui m’a permis d’être à mi-temps et de créer mon cabinet », expliquait Yohann Lozach au site de son employeur. Le praticien indiquait suivre les jeunes joueurs et les accompagner lors de certains matchs.

Le Paris FC lui confiait aussi la réathlétisation, c’est-à-dire l’accompagnement du retour à l’entraînement après une blessure. Le montant versé par le club, s’il était connu, couvrirait ainsi un périmètre plus large qu’une série de consultations ostéopathiques.

Cet entretien restitue la situation décrite par Yohann Lozach en 2022. Le Paris FC ne publiait ni le montant de son contrat ni son statut juridique. Le mot « contrat » ne permet pas, à lui seul, d’identifier un salariat ou une prestation indépendante.

Le cabinet complétait cette présence à temps partiel au club. Les revenus de l’activité libérale s’ajoutaient donc, le cas échéant, à la somme versée par le Paris FC. Le titre d’ostéopathe de club recouvre ainsi des temps de travail et des sources de recettes différents.

A Manchester, une double fonction

Cette diversité des missions apparaît aussi dans les postes intégrés aux équipes premières. En juillet 2025, Manchester City cherchait un « 1st Team Physiotherapist / Osteopath » pour son équipe première. L’annonce plaçait ce professionnel sous l’autorité du responsable de la physiothérapie.

Le club décrivait des soins quotidiens, le suivi des blessures et des interventions les jours de match. Le poste associait donc la physiothérapie et l’ostéopathie, avec une présence calée sur les entraînements et la compétition.

L’annonce mentionnait une couverture médicale privée et une prime annuelle discrétionnaire, sans publier de salaire chiffré. Elle décrivait une offre de recrutement, et non le contrat finalement conclu avec la personne recrutée.

Une autre publication qualifiait le package de « competitive », sans en indiquer le montant. Cette qualification commerciale ne fournit pas une rémunération vérifiable. Une estimation affichée par une plateforme, comprise entre 36 000 et 60 000 livres par an, ne peut pas être présentée comme une offre du club.

Le poste proposé par Manchester City rémunérait potentiellement des soins, le suivi des blessures, les matchs et les avantages prévus dans le contrat. Il ne fournit aucun élément permettant de classer les niveaux de rémunération entre la Premier League et la Ligue 1.

Ce que mesure un paiement

Les trois situations conduisent à distinguer le prix réglé par un club du revenu qu’un praticien conserve. Un club verse un salaire lorsqu’il emploie directement un professionnel ; il règle des honoraires lorsqu’il achète une prestation à un indépendant.

Dans ce second cas, la facture entre dans les recettes professionnelles du praticien. Sous le régime réel des bénéfices non commerciaux, les recettes diminuées des charges déductibles forment le bénéfice non commercial, ou BNC. Les frais de cabinet, les assurances, les déplacements et les cotisations interviennent avant le calcul de ce résultat.

Les frais remboursés suivent leur propre logique. Lorsque le PSG remboursait les déplacements de Jean-Michel Veaudor, la convention couvrait une dépense engagée pour intervenir auprès du club. Cette somme ne mesurait pas sa rémunération du travail.

Des données 2024 font ressortir un bénéfice non commercial moyen de 23 845 euros pour un périmètre de praticiens libéraux au régime réel. Ce chiffre ne mesure ni le salaire des ostéopathes de club ni le revenu des seuls praticiens du football.

Au PSG, la convention associait un tarif journalier, une fréquence d’intervention variable, des stages de préparation et le remboursement de frais. Ces quatre éléments déterminaient la dépense du club comme la recette du prestataire.

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Ancienne pigiste pour Le Quotidien du Sport et L'Équipe Magazine, Guillaume Baroncel couvre pour Combien Gagne les revenus des sportifs (football, tennis, rugby, cyclisme, basket, athlétisme, MMA...). Il s'appuie sur les contrats rendus publics, les rapports financiers des clubs, les enquêtes de la presse sportive et locale.

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