Combien gagnent McFly et Carlito ?

03/06/2026

De la radio aux contrats à 400 000 euros, McFly et Carlito ont transformé leurs blagues en machine à cash. Que gagnent vraiment les deux stars françaises de YouTube ?

Sur YouTube, les blagues ont depuis longtemps cessé d’être gratuites. Derrière l’image de deux amis qui improvisent face caméra, il y a une mécanique publicitaire, des contrats de marque et une audience qui vaut très cher. Depuis leurs débuts à la radio jusqu’aux vidéos tournées avec Emmanuel Macron, McFly et Carlito ont changé d’échelle sans jamais cesser de jouer les garçons ordinaires. Reste une question simple, et très française : combien gagnent vraiment ces deux visages devenus une entreprise du divertissement ?

Dans un studio sans fenêtre du nord de Paris, une caméra à l’épaule scrute un canapé taché de soda. Sur la table basse, trois boîtes de pizzas surgelées refroidissent pendant qu’un assistant replace un micro-cravate. Face à l’objectif, David Coscas et Raphaël Carlier enchaînent une nouvelle prise pour une vidéo de dégustation, entre deux apartés avec l’équipe technique. Derrière les blagues sur les « meilleures pizzas du rayon », chaque séquence prépare à la fois des revenus publicitaires et, parfois, de futurs contrats de sponsoring.

Un duo de radio devenu média rentable

Au milieu des années 2000, David Coscas, né en 1986, et Raphaël Carlier, né la même année, travaillent d’abord à la radio avant de devenir des figures centrales de YouTube France. Les portraits disponibles décrivent un duo formé dans l’humour audio, avec des chroniques et des sketchs, à une époque où leurs revenus relèvent encore du modèle classique des jeunes animateurs ou chroniqueurs. Les montants de cette période ne sont pas documentés publiquement, ce qui interdit tout chiffrage sérieux de leurs débuts.

À partir du milieu des années 2010, leur passage sur YouTube change l’échelle du projet. Les premières vidéos rassemblent une audience encore limitée, mais elles ouvrent l’accès à la monétisation publicitaire de la plateforme. À ce moment-là, YouTube n’est pas encore une fortune, mais devient progressivement le centre de gravité économique de leur activité.

Le contenu gagne ensuite en ampleur : plusieurs caméras, une équipe de production, des invités récurrents, des formats identifiables et un rythme de publication qui installe la chaîne dans le paysage du divertissement français en ligne. Les crédits visibles sur leurs vidéos montrent la présence de chefs opérateurs, de monteurs et d’une direction de production, signe d’une activité structurée comme une petite société audiovisuelle plutôt qu’une simple chaîne amateur. Cette professionnalisation prépare la montée des revenus publicitaires puis des partenariats de marque.

La montée des revenus publicitaires

Une fois leur audience installée à plusieurs millions d’abonnés, la publicité YouTube devient un poste de revenus majeur. En 2024, une estimation de leur activité publicitaire avançait, pour McFly seul, un niveau d’environ 30 000 euros par mois tirés de la publicité. Ce chiffre doit être lu comme un ordre de grandeur fondé sur les vues et les tarifs publicitaires moyens, et non comme une donnée comptable officielle.

D’autres estimations ont situé les gains publicitaires de leur chaîne autour de 500 000 euros sur une année de forte activité. Rapporté au mois, cela représente un peu plus de 40 000 euros de revenus publicitaires pour le duo avant les contrats sponsorisés. Là encore, il s’agit d’évaluations extérieures, utiles pour mesurer un niveau de revenus, mais non confirmées publiquement par leurs comptes.

Les outils d’analytics de chaînes YouTube situent encore récemment les revenus publicitaires mensuels de leur chaîne principale dans une fourchette d’environ 26 000 à 40 000 dollars, soit à peu près 24 000 à 36 000 euros selon le taux de change. Ces données restent estimatives, mais elles confirment que la publicité YouTube demeure, en 2026, l’un des piliers de leur activité. Elles montrent aussi que les revenus varient selon le rythme de publication, le volume de vues et la performance de chaque vidéo.

Les revenus ne prennent pas la forme d’un simple salaire fixe. Le duo travaille avec une structure de production et de gestion qui centralise les contrats et reverse une partie des sommes aux talents. Selon les chiffres qui ont circulé dans la presse, la part reversée aux créateurs aurait été portée à 75% des montants contre 50% auparavant, ce qui augmente leur rémunération effective sur chaque opération commerciale.

Les contrats de marques comme accélérateur

À côté de la publicité YouTube, les partenariats de marque constituent l’autre grande source de revenus du duo. Des estimations publiées au début des années 2020 avançaient une fourchette de 50 000 à 80 000 euros de revenus mensuels pour McFly et Carlito, en additionnant publicité YouTube et sponsorings. Cette fourchette n’est pas une photographie comptable précise de 2026, mais elle reste l’un des rares repères chiffrés publiés sur leur niveau de revenus global.

Le contrat passé avec OnePlus reste l’exemple le plus cité de cette montée en gamme commerciale. Son montant a été estimé à 400 000 euros pour le duo, avec environ 3 millions d’euros de chiffre d’affaires générés pour la marque. Ce type de campagne ne se limite pas à une simple apparition de produit : il s’agit d’une opération complète, avec visibilité sur la chaîne, intégration éditoriale et relais sur d’autres plateformes.

Les mêmes estimations évoquent au moins 18 contrats de sponsoring signés avec différentes marques. Toutes les conventions ne sont pas publiques, mais les analyses convergent sur un point : à certains moments, les sponsorings pèsent davantage que la publicité standard dans le total des revenus. À ce stade, McFly et Carlito ne vendent plus seulement des vues, mais aussi une image, un ton et une capacité de prescription auprès d’un public jeune et massif.

Un contrat à plusieurs millions refusé

À l’automne 2021, il a été rapporté qu’une société de trading en ligne avait proposé au duo un contrat présenté comme valant « plusieurs millions d’euros ». L’opération visait leur audience, composée en partie de jeunes adultes, autour d’un service jugé trop risqué par les deux créateurs. McFly et Carlito ont refusé cette proposition en expliquant qu’ils ne voulaient pas associer leur image à un produit voisin, dans leur esprit, des jeux d’argent.

Leur position était claire : ils ne voulaient pas gagner de l’argent avec un service susceptible d’exposer leur public à des pratiques jugées dangereuses. Ce refus n’apporte pas un revenu supplémentaire, mais il renseigne sur la valeur commerciale atteinte par leur image : si une marque de ce secteur propose « plusieurs millions d’euros », c’est que leur audience est perçue comme monétisable à très haut niveau. Il dit aussi autre chose : au moment où cette offre arrive, leur activité est déjà suffisamment rentable pour leur permettre de dire non.

Cet épisode sert depuis de point d’appui à leur discours public sur l’argent. Ils acceptent les logiques du marché publicitaire et des marques grand public, mais posent publiquement une limite sur certains secteurs réputés dangereux pour un jeune public. C’est une frontière morale affichée, mais aussi un choix de gestion d’image.

L’Élysée, les hôpitaux et la portée de leur audience

En 2021, McFly et Carlito tournent à l’Élysée une vidéo de « concours d’anecdotes » avec Emmanuel Macron, après avoir relevé un défi autour des gestes barrières demandé par le président pendant la crise sanitaire. La vidéo rencontre un écho massif sur YouTube et étend encore leur visibilité au-delà du public des habitués de la plateforme. Ce moment fait entrer le duo dans un autre cercle : celui des créateurs suffisamment puissants pour être utilisés comme relais par le sommet de l’État.

L’Élysée justifie alors ce choix par leur capacité à toucher les jeunes adultes, un public qui consomme peu les canaux d’information traditionnels. Ce type d’exposition n’est pas décrit comme une opération commerciale rémunérée, mais il accroît leur notoriété et renforce leur attractivité pour les marques. À partir de là, McFly et Carlito ne sont plus seulement des youtubeurs populaires ; ils deviennent aussi des figures centrales du divertissement en ligne capables d’intervenir dans la communication publique.

En avril 2020, le duo avait déjà organisé un live de onze heures pour lever des fonds au profit de la Fondation des Hôpitaux de France. L’opération a permis de récolter 400 000 euros pour les hôpitaux pendant la première vague de Covid-19. Ce chiffre ne correspond pas à un revenu personnel, mais il renseigne sur un point essentiel : leur audience est assez vaste et assez engagée pour transformer une émission diffusée sur YouTube en collecte de fonds de grande ampleur.

Ces séquences avec l’Élysée et les hôpitaux comptent dans leur économie, même sans paiement direct documenté. Elles augmentent la visibilité du duo, consolident sa présence dans l’espace public et renforcent sa valeur indirecte auprès des annonceurs. Dans l’économie de l’influence, le capital symbolique finit souvent par se transformer en capital commercial.

La construction d’une image de « gens normaux »

Les portraits consacrés à David Coscas et Raphaël Carlier insistent sur un parcours sans grande fortune familiale connue ni récit de privilège spectaculaire. Les deux hommes sont présentés comme des enfants des années 1980 passés par la radio, l’humour et l’univers des références pop, plus que comme des héritiers ou des chefs d’entreprise au sens classique. Cette présentation nourrit leur image de proximité auprès d’un public qui les a d’abord suivis pour leurs blagues et leur ton de copains de chambre d’étudiant.

Cette image se heurte cependant à des niveaux de revenus très élevés. Les estimations de 50 000 à 80 000 euros mensuels, reprises dans plusieurs enquêtes au début des années 2020, placent le duo très au-dessus des niveaux de revenus ordinaires en France. À cela s’ajoutent des opérations ponctuelles à plusieurs centaines de milliers d’euros, comme le contrat OnePlus.

Dans leurs contenus, les deux créateurs jouent parfois avec cette idée de richesse. Une description humoristique publiée en 2020 sur leur chaîne secondaire évoque par exemple un virement fictif de 12 000 euros par mois pour réparer un prétendu « vol de stylo ». Le procédé est ironique, mais il alimente l’idée d’un duo devenu très riche tout en gardant le ton de la plaisanterie.

Sur leur patrimoine, en revanche, les informations sérieuses restent très limitées. Aucun chiffre consolidé de leur fortune nette ne peut être avancé avec certitude. La seule formulation rigoureuse consiste à dire que leurs flux de revenus documentés laissent supposer une accumulation importante, sans pouvoir la chiffrer précisément.

Excès de confiance et limites du modèle

En avril 2025, une séquence autour d’une vidéo sur les pizzas surgelées vaut à McFly une polémique relayée dans la presse de divertissement. Le créateur parle lui-même d’un « excès de confiance » pour expliquer un geste critiqué par une partie des internautes. L’épisode rappelle qu’à ce niveau d’exposition, la moindre scène peut produire un effet de retour immédiat sur les réseaux sociaux.

Ces controverses ne bouleversent pas nécessairement leur modèle économique, mais elles affectent leur image publique. Plus leur notoriété grandit, plus le duo doit arbitrer entre la spontanéité qui a fait son succès et la prudence qu’impose une marque personnelle devenue très rentable. Le même mécanisme vaut pour leurs prises de parole : une phrase maladroite ou une attitude mal reçue peut désormais être lue comme le signe d’un décalage avec leur public.

En 2025, un autre revers intervient avec l’abandon du projet de film « Feuille Man », évoqué publiquement par le duo dans une vidéo. Ce projet, attendu depuis plusieurs années par une partie de leur communauté, ne voit finalement pas le jour. Là encore, le fait est instructif : une audience massive sur YouTube et des revenus élevés ne garantissent pas le succès d’un basculement vers le cinéma ou les productions longues.

Cette limite compte dans le récit économique de McFly et Carlito. Leur puissance est réelle sur Internet, mais elle ne s’étend pas automatiquement à tous les secteurs audiovisuels. Le web a fait leur fortune ; il ne leur ouvre pas forcément toutes les portes.

Une valeur économique difficile à chiffrer

Les informations disponibles permettent de documenter des ordres de grandeur, pas un bilan comptable exhaustif. On peut avancer, avec prudence, que la publicité YouTube rapporte encore plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois à leur chaîne principale et que les sponsorings ajoutent des revenus parfois considérables lors de certaines opérations. On peut aussi affirmer qu’au début des années 2020, plusieurs enquêtes situaient leur niveau global dans une fourchette de 50 000 à 80 000 euros mensuels.

En revanche, il faut écarter toute prétention à un chiffre exact et actuel de fortune. Les données publiques reposent sur des estimations d’audience, des reprises de presse, des indications sur quelques contrats et des déclarations partielles. La bonne méthode, pour un article de référence, consiste donc à présenter clairement les fourchettes, les dates et la nature des estimations.

Ce que l’on sait avec davantage de certitude, c’est la puissance économique de leur audience. Une offre à « plusieurs millions d’euros » refusée, une campagne sponsorisée chiffrée à 400 000 euros et une collecte de 400 000 euros pour les hôpitaux disent tous la même chose : McFly et Carlito disposent d’une force de frappe rare dans l’espace numérique français. En 2026, leur principal actif n’est peut-être pas un patrimoine connu, mais cette capacité à capter l’attention puis à la convertir en argent, en influence ou en mobilisation publique.

Les informations relatives aux revenus, patrimoine ou rémunérations mentionnées dans cet article sont issues de sources publiques (déclarations fiscales rendues publiques, rapports officiels, estimations de tiers, déclarations des intéressés eux-mêmes ou de leurs représentants, ainsi que de publications et articles de presse). Ces données sont fournies à titre informatif et peuvent être approximatives, incomplètes ou ne plus refléter la situation actuelle à la date de lecture. Elles ne constituent en aucun cas une évaluation comptable ou juridique certifiée. Toute personne concernée qui souhaiterait apporter un correctif peut contacter la rédaction à l'adresse suivante : contact [@] combiengagne.fr.
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Louis Gastebois - Rédacteur en chef /// Diplômé du CELSA, Louis Gastebois a fait ses armes au pôle économie du Groupe Lafont Presse avant de rejoindre Combien Gagne. Il est spécialisé sur les rémunérations des hommes politiques et des élus : ministres, députés, sénateurs, élus locaux... Ses sources de prédilection sont : la HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique), déclarations d'intérêts, rapports parlementaires, médias locaux.

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