Salaire fixe, primes, responsabilités : combien gagne un directeur de centre de formation dans un club professionnel ? Les chiffres à connaître.
Bertrand Reuzeau, ancien responsable de la formation du Paris Saint-Germain, avait une rémunération mensuelle de référence de 17 018 euros dans un dossier prud’homal examiné en 2017. Deux ans plus tard, l’AS Monaco cherchait à le recruter en lui proposant de presque doubler son salaire. Ces deux épisodes éclairent les négociations individuelles pour une fonction dont les rémunérations restent inégalement documentées.
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En Ligue 1, un minimum documenté de 5 900 euros
Un club de Ligue 1, la première division française, devait verser au moins 5 900 euros brut par mois à son responsable de centre de formation agréé dans le barème 2024-2025. En Ligue 2, les partenaires sociaux avaient fixé ce seuil à 3 900 euros.
Sur douze mensualités, un directeur payé à ces niveaux percevait respectivement 70 800 euros ou 46 800 euros brut. Les signataires avaient donc inscrit entre les deux divisions une différence de 24 000 euros annuels. Pour obtenir ces équivalents, on multiplie le montant mensuel par douze, sans ajouter de prime, de treizième mois ni d’avantage en nature.
Les employeurs et les représentants des entraîneurs ont encadré une fonction précise : celle de l’entraîneur responsable du centre de formation agréé. Pour obtenir cet agrément, la reconnaissance administrative du centre, l’association ou la société sportive doit recevoir l’accord de l’autorité administrative sur proposition de la fédération compétente. Le responsable travaille ainsi dans une structure chargée de préparer les jeunes joueurs au football professionnel, avec un encadrement sportif et éducatif.
Au-dessus du minimum, le club et son salarié négocient la rémunération de base. Les partenaires sociaux ne fixent aucun plafond et ne détaillent aucune progression selon l’ancienneté dans le barème concerné. Un employeur peut donc convenir d’un salaire supérieur avec le candidat qu’il souhaite recruter.
En annonçant une fourchette de 3 900 à 5 900 euros, on transformerait ainsi le seuil de Ligue 1 en limite supérieure. Les partenaires sociaux donnent une garantie par division, sans établir de salaire moyen ni de classement des contrats. Pour connaître les rémunérations versées, il faut examiner les sommes négociées entre les clubs et leurs responsables.
Les employeurs appliquent aussi un barème daté. Les minima présentés ici correspondent à la saison 2024-2025. Ils doivent conserver cette date lorsqu’on les rapproche d’un contrat individuel conclu pour une autre saison. Leur montant ne suffit donc pas à chiffrer ce que gagne aujourd’hui chaque directeur en poste.
À Paris, les 17 018 euros du dossier Reuzeau
Un contrat individuel apparaît dans une procédure judiciaire. En janvier 2017, le conseil de prud’hommes de Paris, la juridiction chargée des litiges entre salariés et employeurs, examine le différend opposant Bertrand Reuzeau au PSG. L’ancien dirigeant avait pris la direction de la formation en juillet 2005 et quitté le club en juillet 2016.
Lors de l’audience du 26 janvier 2017, son avocat évoque une moyenne mensuelle de salaire de 17 018 euros. Les conseillers retiennent ce montant comme rémunération de référence. Le lecteur connaît ainsi une somme rattachée à un salarié, à un employeur et à une période d’activité identifiés.
Pour reprendre ce chiffre, il faut toutefois conserver deux réserves : sa composition n’est pas détaillée dans les éléments disponibles, et son caractère brut ou net n’y est pas explicitement précisé. On peut donc parler de rémunération mensuelle de référence retenue dans la procédure, sans lui attribuer les caractéristiques d’un salaire fixe.
Reuzeau avait quitté le PSG plusieurs saisons avant le barème 2024-2025. En rapprochant directement les montants, on comparerait une rémunération individuelle ancienne et un minimum collectif ultérieur. Pour situer le directeur parisien parmi ses homologues, il faudrait connaître les contrats signés à la même époque dans les autres clubs.
Avec le dossier Reuzeau, on peut documenter un montant individuel. Pour établir une moyenne nationale, il faudrait réunir plusieurs rémunérations comparables, en distinguant les responsabilités, les dates et les composantes de salaire. Reuzeau allait lui-même changer d’employeur : après un passage à Monaco puis un retour au PSG, il entamait une nouvelle négociation en 2019.
À Monaco, une proposition de presque doublement
L’AS Monaco a cherché à faire revenir Reuzeau. En juin 2019, le club lui aurait proposé de presque doubler son salaire. Leonardo Jardim, alors entraîneur monégasque, l’avait contacté. À Paris, Reuzeau occupait une fonction présentée comme celle de manager général de la formation, un intitulé désignant des responsabilités de direction dans cette filière.
Les montants de départ et d’arrivée n’ont pas été révélés. Entre la procédure prud’homale et cette proposition, Reuzeau avait changé deux fois d’employeur. Doubler les 17 018 euros cités dans le dossier antérieur supposerait donc, sans preuve, qu’il avait conservé la même rémunération à travers ses contrats successifs.
Les dirigeants négocient également les missions. Le PSG a nommé l’ancien international Yohan Cabaye directeur sportif du centre de formation et de préformation, qui accueille les plus jeunes avant leur entrée en formation, le 16 octobre 2024. En juillet 2025, il a recruté Mathieu Le Scornet comme directeur technique, sous la responsabilité directe de Cabaye. Le club lui a notamment confié le management du staff technique, l’équipe des entraîneurs et des spécialistes de l’encadrement sportif.
Dans cet organigramme, les dirigeants parisiens distinguent deux fonctions de direction. Pour comparer leurs revenus à ceux d’un responsable employé ailleurs, il faut vérifier les équipes supervisées et les tâches confiées. Un club peut répartir ces responsabilités entre plusieurs cadres, ce qui impose de regarder au-delà du titre abrégé sur une fiche de poste.
Du salaire fixe aux compléments contractuels
Les clubs annoncent les nominations. Lors de la promotion de Cabaye, en octobre 2024, sa nouvelle rémunération personnelle n’avait pas été révélée. Le minimum conventionnel de Ligue 1 cité à cette occasion ne pouvait donc pas lui être attribué comme salaire individuel.
À Marseille, la rémunération personnelle de Lasaad « Titou » Hasni n’avait pas davantage été dévoilée dans les informations publiées en janvier 2025. Pour ces deux responsables, les lecteurs connaissaient le barème cité, sans pouvoir chiffrer le contrat signé avec leur employeur.
Pour établir le revenu total, il faut encore distinguer salaire fixe, primes éventuelles et avantages en nature. Un directeur peut aussi exercer des fonctions supplémentaires dont il faudrait vérifier la rémunération. Les partenaires sociaux encadrent la rémunération de base, exprimée en brut, avant les prélèvements salariaux, sans détailler de barème général pour ces compléments.
Un club qui vend un joueur formé chez lui peut enregistrer une recette. Pour attribuer au directeur un pourcentage sur cette vente ou une prime à chaque signature professionnelle, il faudrait identifier une clause contractuelle correspondante. Dans le barème étudié, les signataires ne prévoient aucun intéressement systématique de cette nature.
L’employeur précise aussi le périmètre du poste. L’OM a confié son centre de formation à Hasni en décembre 2024. Dans son organigramme, le club marseillais le présente comme directeur de l’académie, l’appellation donnée à sa structure de formation.