En centre de formation de football, le salaire des apprentis footballeurs varie selon le contrat. Apprentissage, primes, logement : ce que les jeunes joueurs peuvent toucher.
Les clubs peuvent compléter le salaire fixe, la rémunération mensuelle garantie, par le logement, les repas et des primes. En 2026, Naoki Ligneul, formé au Paris Saint-Germain (PSG), est revenu sur son souhait de donner cinq mois de salaire à une association. Les revenus des pensionnaires varient selon les engagements du club et les conditions négociées.
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Un premier salaire selon le contrat
Un apprenti de 16 ou 17 ans bénéficie d’un minimum de 504,09 euros bruts mensuels, avant prélèvements sociaux, en première année, puis de 728,14 euros en deuxième année, sous réserve de dispositions plus favorables. Le club doit toutefois avoir signé un contrat d’apprentissage, associant travail et formation. Avec la seule convention de formation, il accueille le jeune sans l’engager automatiquement comme salarié.
Dans les centres du football professionnel masculin français, les dirigeants accueillent ainsi des pensionnaires sous convention seule et emploient d’autres jeunes sous différents contrats de formation. Ils peuvent également avoir déjà signé un contrat professionnel avec certains joueurs. Deux adolescents qui partagent un vestiaire peuvent donc bénéficier de garanties salariales différentes.
Avec la convention, le club organise le parcours sportif et éducatif. Il précise les conditions de formation et les obligations des parties. Le pensionnaire ne bénéficie pas automatiquement du salaire prévu pour un joueur sous contrat de travail. Pour déterminer ce que l’employeur doit verser, il faut identifier l’engagement signé, son année d’exécution et les règles applicables.
Pour l’apprentissage, les employeurs calculent le minimum légal selon l’âge et la progression dans le cycle. Avant 18 ans, ils appliquent 27% du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) en première année, 39% en deuxième et 55% en troisième, sauf dispositions plus favorables. Le gouvernement a porté le Smic à 1 867,02 euros bruts mensuels pour 35 heures au 1er juin 2026.
Les dirigeants doivent donc tenir compte des revalorisations lorsqu’ils déterminent la paie. Ils vérifient aussi les dispositions prévues par les représentants des clubs et des joueurs dans la convention collective du secteur. Les parties peuvent négocier davantage que les minima applicables.
L’employeur calcule ensuite les prélèvements pour établir le net versé. Pour les apprentis, il applique notamment des règles différentes selon que le contrat a commencé avant ou depuis le 1er mars 2025. Un pourcentage uniforme appliqué au brut conduirait donc à des estimations erronées.
Aspirants et stagiaires, des progressions distinctes
Les clubs peuvent aussi engager les jeunes comme aspirants, sous un contrat de formation propre au football, puis comme stagiaires, selon les conditions du parcours. Pour ces statuts, les partenaires sociaux ont prévu plusieurs grilles de rémunération. Ils distinguent notamment l’année du contrat et la division du club ; pour les stagiaires, ils prennent également en compte la durée et le cadre de l’engagement.
Les tableaux anciens donnent des repères, à condition de conserver leur date. Pour la saison 2024-2025, les partenaires sociaux avaient fixé une grille commune aux apprentis et aspirants. Pour la Ligue 1, première division, ils indiquaient 495 euros bruts mensuels en année préparatoire, 566 euros en première année et 707 euros en deuxième. Pour la Ligue 2, deuxième division, ils retenaient respectivement 283, 354 et 424 euros.
Ces montants décrivent les dispositions conventionnelles de cette saison. L’employeur doit examiner les textes en vigueur pour une rémunération actuelle et respecter, notamment pour l’apprenti, les minima légaux revalorisés. Il ne peut reprendre isolément un chiffre ancien sans vérifier les règles correspondant au contrat.
Pour les stagiaires engagés trois saisons d’un commun accord, les signataires prévoyaient, pour cette même saison, une progression de 1 400 à 2 100 puis à 2 800 euros bruts mensuels en Ligue 1. En Ligue 2, ils fixaient 1 050, 1 680 puis 2 240 euros. Dans un autre cadre contractuel, ils portaient le montant à 5 600 euros la troisième saison en Ligue 1.
Un jeune pouvait ainsi bénéficier d’une progression salariale différente de celle d’un autre stagiaire. Les dirigeants l’engageaient pour une durée et selon des conditions précises. Présenter le montant le plus élevé comme la rémunération habituelle de tous les joueurs sous ce statut effacerait ces différences. Le club pouvait en outre prendre en charge plusieurs dépenses quotidiennes.
Logement et repas dans la rémunération
Les employeurs fournissent aussi des prestations matérielles. Les représentants des clubs et des joueurs ont prévu la nourriture et le logement pour les joueurs en formation concernés. Ils ont réservé des dispositions aux externes, qui résident hors du centre, et organisé des compensations lorsque le club n’assure pas certaines prestations.
Le pensionnaire hébergé sur place utilise une chambre et prend ses repas au centre. Sa famille conserve à sa charge les dépenses que le club ne couvre pas. Pour un externe, elle doit examiner les prestations accessibles et les compensations prévues. À salaire fixe proche, deux joueurs peuvent ainsi supporter des frais quotidiens différents.
Le club peut également consacrer des moyens à la scolarité, à l’entraînement ou à l’accompagnement du jeune. Il finance alors sa formation. Pour connaître l’argent disponible, le joueur doit retenir les sommes effectivement versées, après les prélèvements et les éventuelles retenues.
S’il ajoute au salaire le prix supposé d’une chambre ou d’un repas, il inclut dans son calcul des prestations dont il bénéficie sans recevoir l’équivalent sur son compte. Pour apprécier une proposition, il faut donc relever séparément le fixe garanti, les dépenses prises en charge et les versements conditionnels.
Avec les professionnels, des primes ponctuelles
L’entraîneur peut appeler un joueur en formation pour une rencontre de l’équipe professionnelle. Dans les situations prévues par les dispositions conventionnelles, le club lui verse les primes correspondantes. Les partenaires sociaux distinguent notamment la présence sur la feuille de match, la liste officielle des joueurs retenus, et les résultats, avec des conditions liées à la participation.
Le jeune peut ainsi recevoir davantage lorsqu’il accompagne régulièrement les professionnels. Son employeur lui verse alors le fixe et les primes acquises. Si l’entraîneur cesse de le convoquer, le joueur ne peut compter sur les mêmes compléments. Pour mesurer son revenu garanti, il conserve le montant contractuel comme référence.
Les dirigeants peuvent d’ailleurs lui faire signer son premier contrat professionnel après ses débuts en championnat. En novembre 2016, le défenseur Malang Sarr avait disputé les douze premières journées de Ligue 1 avec l’OGC Nice lorsqu’il a signé professionnel, à 17 ans.
Le club peut donc rémunérer la participation aux rencontres tout en exécutant encore un contrat de formation. Pour établir le revenu du mois, il faut connaître le statut du joueur et les primes auxquelles ses apparitions lui donnent droit.
Des négociations autour des jeunes convoités
Les dirigeants peuvent négocier au-delà des planchers pour recruter ou conserver un joueur recherché. Lorsqu’ils discutent avec son entourage, ils peuvent revoir le fixe ou les compléments de rémunération. Un jeune suivi par plusieurs recruteurs peut examiner plusieurs engagements ; un autre ne reçoit qu’une proposition.
En 2018, Henri Stambouli, ancien responsable des centres de Marseille et de Montpellier, décrivait certaines demandes d’emploi ou de logement pour les parents rencontrées au cours de ses fonctions. Il précisait que Montpellier ne suivait pas certaines de ces pratiques.
Pour comparer les revenus, il faut connaître les conditions de chaque engagement. Quelques propositions divulguées ne suffisent pas à calculer une moyenne nationale. Il faudrait identifier les joueurs inclus, leurs statuts, les fixes, les primes et les prestations retenues.
Les joueurs gardent parfois leurs conditions financières confidentielles. Naoki Ligneul avait ainsi demandé de taire son salaire. Pendant sa première année au centre du PSG, durant la crise sanitaire, il avait souhaité en donner cinq mois à une association. En 2026, Ligneul est revenu sur ce geste, destiné aux enfants malades par l’intermédiaire de la Fondation du club.