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Combien gagne Gabriel Attal ?

De 99 094 euros nets en 2019 à 5 953 euros mensuels aujourd’hui : la trajectoire salariale de Gabriel Attal, chiffres officiels à l’appui, démystifie les polémiques

Depuis le 5 septembre 2024, Gabriel Attal siège à l’Assemblée nationale comme député de la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. Son indemnité parlementaire s’établit à 7 637,39 euros bruts par mois, soit 5 953 euros nets, exactement la moitié du traitement qu’il percevait à Matignon. C’est la conséquence automatique du retour au statut de député : les 577 parlementaires métropolitains touchent la même somme, sans exception.

À cette indemnité s’ajoute une avance de frais de mandat (AFM) de 6 353 euros mensuels depuis la réforme adoptée par le Bureau de l’Assemblée nationale le 2 juillet 2025. Cette dotation ne constitue pas une rémunération : elle est exclusivement affectée aux dépenses liées à l’exercice du mandat, loyer de la permanence en circonscription, déplacements, hébergement, documentation, et les sommes non dépensées sont restituées en fin de mandat. Elle fait l’objet de justificatifs contrôlés par le déontologue de l’Assemblée.

Au-delà de ce mandat, la déclaration d’intérêts et d’activités déposée à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) le 24 janvier 2025 ne recense qu’un seul revenu annexe : 600 euros annuels, soit 50 euros par mois, pour son mandat de conseiller municipal de Vanves, exercé depuis 2019. Ses fonctions de secrétaire général de Renaissance, puis de président du parti Ensemble depuis février 2025, sont exercées à titre bénévole. Aucune activité de conseil, aucun mandat dans une entreprise publique ou privée ne figure dans sa déclaration.

Neuf mois à Matignon, 79 000 euros nets

Le passage de Gabriel Attal à Matignon, du 9 janvier au 5 septembre 2024, aura duré huit mois et vingt-sept jours. Son traitement brut s’élevait à 15 900 euros par mois, soit environ 12 000 à 12 400 euros nets, un niveau identique à celui du président de la République depuis la réforme de 2012, qui avait réduit ces traitements de 30% par rapport à leur niveau antérieur. Sur la période, il a perçu 79 599 euros nets, selon sa déclaration HATVP.

Les déclarations successives à la Haute Autorité permettent de retracer l’intégralité de sa trajectoire salariale depuis 2019. Secrétaire d’État chargé de l’Éducation, il a déclaré 99 094 euros nets pour l’année 2019. Porte-parole du gouvernement en 2021 : 99 072 euros nets. Ministre délégué chargé des Comptes publics en 2022 : 66 199 euros nets sur sept mois, après cumul proraté avec ses fonctions de porte-parole. Ces montants correspondent aux traitements bruts officiels des membres du gouvernement : 10 115 euros bruts pour un secrétaire d’État, 10 647 euros pour un ministre de plein exercice.

Un fait mérite d’être précisé : l’indemnité de départ accordée aux anciens Premiers ministres, équivalant à trois mois de traitement, soit environ 37 000 euros nets, n’a pas été versée à Gabriel Attal. Il a repris son mandat de député rémunéré dès le 7 juillet 2024, ce qui rend cette indemnité inapplicable en vertu de l’ordonnance du 17 novembre 1958.

1,6 million dont 90% vient de son père

Au moment de sa nomination à Matignon, en janvier 2024, Gabriel Attal a déposé une déclaration de situation patrimoniale auprès de la HATVP. Son patrimoine global est évalué à environ 1,6 million d’euros. Son principal actif : un contrat d’assurance-vie ouvert en avril 2016 à la Société Générale, d’une valeur de 1 458 676 euros, issu du décès de son père Yves Attal en 2015. Cet actif représente 90% de son patrimoine total.

Le reste se décompose ainsi : 11% du capital d’une SCI familiale détenant une maison de 110 mètres carrés en Corse, évaluée à 129 900 euros à sa quote-part, la maison étant estimée à 1,2 million d’euros au total, sa mère en détenant la majorité des parts ; un Plan Épargne Logement de 36 454 euros ; des comptes courants et d’épargne pour environ 38 000 euros ; et un scooter Piaggio Vespa 50 acheté 2 600 euros en 2014, estimé à 1 000 euros. Gabriel Attal n’est propriétaire d’aucune résidence principale.

Au passif, deux éléments figurent dans cette même déclaration. D’abord, un crédit de trésorerie renouvelable de 670 000 euros, contracté en 2017 et reconduit annuellement par tacite reconduction, dont le montant dépasse celui de l’ensemble des actifs liquides déclarés. Ensuite, un prêt de 50 000 euros consenti par Attal à un tiers, dont l’identité est masquée dans le document conformément à la réglementation applicable. Une déclaration de modification substantielle de situation patrimoniale a été déposée le 24 janvier 2025 ; ses détails sont accessibles en préfecture à Nanterre, non en ligne.

Voiture, chauffeur : ce que le 1er janvier 2026 a changé

Jusqu’au 31 décembre 2025, Gabriel Attal bénéficiait, comme tout ancien Premier ministre, des avantages définis par le décret du 20 septembre 2019 : un agent de secrétariat particulier pour une durée maximale de dix ans, un véhicule de fonction avec chauffeur sur demande, et une protection policière assurée par le Service de la protection selon l’évaluation des risques par le ministre de l’Intérieur. Ces avantages étaient accordés sans limitation de durée.

Le 16 septembre 2025, Sébastien Lecornu a signé le décret n° 2025-965 supprimant le véhicule de fonction et le chauffeur à vie pour les anciens Premiers ministres et les anciens ministres de l’Intérieur. Depuis le 1er janvier 2026, ces prestations ne sont accordées que pendant dix ans à compter de la fin des fonctions, et la protection policière est conditionnée à un risque effectivement attesté. Le coût de ces avantages atteignait 1,423 million d’euros en 2023 pour l’ensemble des anciens Premiers ministres concernés, hors agents de sécurité, un montant qui s’élevait à 4,4 millions d’euros en 2019 toutes prestations confondues.

Cette réforme a été directement alimentée par la polémique suscitée par le cas Attal : un homme de 35 ans, huit mois à la tête du gouvernement, potentiellement bénéficiaire de ces avantages pendant plusieurs décennies. Les anciens Premiers ministres ayant quitté leurs fonctions depuis moins de dix ans au moment de l’entrée en vigueur du décret conservent l’avantage pour le solde de leur période : Gabriel Attal reste ainsi couvert jusqu’en septembre 2034.

2,7 fois le salaire médian

Le salaire médian net dans le secteur privé français s’établissait à 2 190 euros par mois en 2024. La moitié des salariés du privé gagne moins que ce montant. Le salaire moyen, calculé en équivalent temps plein, atteint 2 733 euros nets mensuels. Le SMIC net s’établissait à 1 399 euros.

L’indemnité nette d’un député, 5 953 euros, représente 2,7 fois le salaire médian. Le traitement de Premier ministre, à 15 900 euros bruts, équivaut, selon les estimations disponibles, à environ 5,5 fois ce même salaire médian en net. Ces ratios sont fréquemment mis en avant dans le débat politique. Ils ne rendent pas compte du fait que ces niveaux restent inférieurs aux rémunérations de nombreux dirigeants d’entreprises publiques ou de cadres supérieurs du privé, dont les packages dépassent parfois 300 000 à 500 000 euros annuels.

Pas de retraite spéciale, pas de double pension

Le régime de retraite des parlementaires a été intégralement aligné sur celui des fonctionnaires de l’État au 1er janvier 2018. Gabriel Attal a entamé son premier mandat de député en juin 2017 : il n’a donc jamais cotisé sous l’ancien régime, qui permettait une «double cotisation» ouvrant droit à une pension majorée au bout de quinze ans.

À 37 ans, en 2026, ses droits à pension sont constitués mais partiels. Il cotise au régime de la fonction publique d’État depuis ses premières fonctions de conseiller ministériel en 2012. Aucun avantage de retraite exceptionnel ne lui est applicable par rapport à un haut fonctionnaire de même ancienneté. En 2019, il avait lui-même déclaré au Journal du Dimanche être «totalement opposé» au cumul illimité de rémunérations pour les hauts fonctionnaires, plaidant pour un «seuil d’écrêtement». Sa propre situation déclarée à la HATVP ne contrevient à aucune règle en vigueur.

Les informations relatives aux revenus, patrimoine ou rémunérations mentionnées dans cet article sont issues de sources publiques (déclarations fiscales rendues publiques, rapports officiels, estimations de tiers, déclarations des intéressés eux-mêmes ou de leurs représentants, ainsi que de publications et articles de presse). Ces données sont fournies à titre informatif et peuvent être approximatives, incomplètes ou ne plus refléter la situation actuelle à la date de lecture. Elles ne constituent en aucun cas une évaluation comptable ou juridique certifiée. Toute personne concernée qui souhaiterait apporter un correctif peut contacter la rédaction à l'adresse suivante : contact [@] combiengagne.fr.

Article by GeneratePress

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