Tropical beach

Combien gagne Loïs Boisson ?

Classée 361e, sans sponsor majeur et avec une cagnotte quasi vide, Loïs Boisson a empoché 690 000 euros en quinze jours à Roland-Garros 2025. Un an après, elle repart de zéro.

En moins d’un an, la Dijonnaise de 22 ans est devenue la joueuse française la mieux classée du circuit WTA. Elle aborde Roland-Garros 2026 avec sept mois d’absence dans les jambes et 780 points à défendre.

Cinq victoires, deux top 10 battus

Le 31 janvier 2025, Loïs Boisson ouvre une cagnotte en ligne sur la plateforme « Soutiens ton sport ». Objectif : 20 000 euros pour financer sa saison. Elle récolte une centaine d’euros de dons avant le début du tournoi de Roland-Garros. Quatre mois plus tard, elle encaisse 690 000 euros pour sa demi-finale à Paris.

Le chemin entre les deux moments tient en dix semaines. Bénéficiaire d’une wild card classée 361e mondiale, Boisson entre dans le tableau principal de Roland-Garros 2025 par la petite porte. Elle en ressort avec cinq victoires, dont deux sur des joueuses du top 10 : la no 3 mondiale Jessica Pegula, battue 3-6, 6-4, 6-4 en huitièmes de finale, et la no 6 Mirra Andreeva, éliminée 7-6, 6-3 en quarts. En demi-finale, Coco Gauff la domine nettement, 6-1, 6-2. Boisson reste la première Française à atteindre ce stade à Roland-Garros depuis Marion Bartoli en 2011, et la demi-finaliste la moins bien classée du tournoi depuis au moins quarante ans. Son classement bondit de la 361e à la 65e place en quinze jours, soit 296 rangs gagnés d’un coup.

Sportivement, sa quinzaine repose sur un jeu de fond de court agressif sur terre battue : 133 coups gagnants en cinq matchs, la meilleure marque du tableau dames. Son coup droit lifté et sa vitesse de déplacement désorganisent des adversaires habituées à des duels moins physiques.

La multiplication par cinq

Avant d’entrer Porte d’Auteuil, les gains cumulés de Boisson depuis ses débuts professionnels en 2021 s’élèvent à 148 009 dollars, soit environ 129 000 euros sur cinq ans. Sur les six premiers mois de 2025, elle n’avait encaissé que 18 478 euros en tournois. La prime de demi-finale de Roland-Garros, 690 000 euros, dépasse cinq fois ce total.

La saison 2025 se termine avec 1 043 519 dollars de gains en tournois. À fin février 2026, ses revenus cumulés en carrière atteignent 1 170 428 dollars. Le titre remporté à Hambourg en juillet 2025, face à la Hongroise Anna Bondár (7-5, 6-3) lors d’un WTA 250 doté de 275 094 dollars, a ajouté 31 565 euros à ce total. C’est son seul titre sur le circuit principal à ce jour, obtenu après avoir remonté un 0-4 dans la première manche, avec une wild card là encore.

SVR, Renault, ASICS : les sponsors arrivent en grappe

Les contrats commerciaux suivent la courbe des résultats, avec un décalage de quelques semaines. En août 2025, deux mois après Roland-Garros, le laboratoire dermatologique SVR signe avec Boisson pour deux ans. Charlotte de Pitray, directrice générale de la marque, a déclaré avoir voulu « miser sur une athlète prometteuse plutôt que quelqu’un de déjà très reconnu ». L’accord, monté par l’agence Moneytime, a été qualifié de contrat « au budget conséquent », sans que les montants soient précisés.

En janvier 2026, Renault officialise son partenariat avec la joueuse, qui rejoint un groupe comprenant Arthur Fils, Flavio Cobolli et Francisco Cerúndolo dans le cadre du programme Give Me 5, lancé en 2022 pour financer des terrains de tennis en France. La marque est partenaire premium de Roland-Garros jusqu’en 2031. Quelques jours plus tard, ASICS annonce un accord pluriannuel : Boisson portera désormais les vêtements et chaussures de l’équipementier japonais sur le circuit, notamment les Solution Speed FF3.

Le partenariat le plus ancien est celui avec Babolat. Boisson a signé avec le fabricant lyonnais à 16 ans, en 2019, après avoir joué avec la Pure Drive dès l’âge de 13 ans. « C’est la raquette qui m’a apporté le plus de contrôle dans mon jeu », a-t-elle déclaré au site officiel de la marque.

Les montants de ces trois contrats n’ont pas été rendus publics. Le patrimoine net de la joueuse est estimé à 500 000 dollars pour 2025, une estimation qui n’intègre pas la valeur totale des accords sponsors. Interrogée sur l’utilisation de sa prime de Roland-Garros, Boisson a déclaré vouloir « surtout s’en servir pour le tennis, pour mettre le plus de choses possible en place » pour progresser.

Un genou, un quadriceps, un avant-bras

La trajectoire de Boisson est également celle d’une joueuse qui opère depuis cinq ans sous contrainte physique permanente. En 2021 et 2022, une blessure à l’épaule droite l’écarte plusieurs mois des courts. Le 13 mai 2024, lors du Trophée Clarins à Paris, elle abandonne en plein match face à Fiona Ferro : rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. La wild card obtenue pour Roland-Garros 2024, où elle aurait dû jouer le lendemain, tombe avec elle. Opérée, rééduquée, elle ne reprend les courts qu’en février 2025.

L’été 2025 reproduit le même scénario à une échelle différente. En juillet, une gêne à l’adducteur gauche lui vaut des forfaits à Montréal et Cincinnati. En septembre, au WTA 1000 de Pékin, elle abandonne au troisième tour face à Emma Navarro, alors 17e mondiale. Le diagnostic tombe début octobre : déchirure du quadriceps gauche. La saison s’arrête. Une blessure à l’avant-bras droit prolonge l’absence jusqu’au début 2026 et lui fait manquer l’Open d’Australie, Doha et Dubaï.

Le 21 avril 2026, après sept mois hors du circuit, elle dispute son premier match à Madrid face à l’Américaine Peyton Stearns. Score : 1-6, 3-6. « J’ai eu beaucoup de mal à accepter ce qui m’arrivait », a-t-elle déclaré début avril.

780 points et un nouveau coach

Depuis le 29 septembre 2025, Boisson ne joue plus. Son classement, lui, évolue mécaniquement : 37e mondiale début mars 2026, elle recule à la 44e place le 13 avril, portée et rattrapée tour à tour par les résultats des autres joueuses. Elle reste numéro 1 française. Mais cette position repose sur une fragilité arithmétique précise : les 780 points accumulés à Roland-Garros 2025 arrivent à expiration au printemps 2026. Une élimination précoce Porte d’Auteuil les efface du classement.

La préparation de cette échéance s’est compliquée par deux changements d’encadrement successifs. Florian Reynet, qui l’a guidée de 2021 à Roland-Garros 2025, quitte l’équipe à New York en août, avant l’US Open. L’Espagnol Carlos Martinez, ancien entraîneur de Svetlana Kuznetsova et Daria Kasatkina, prend le relais en septembre. Il est à son tour remplacé en avril 2026, à quelques jours du retour à la compétition, par un entraîneur dont le nom n’a pas été rendu public.

Après Madrid, le programme prévu jusqu’à Roland-Garros comprend les qualifications du WTA 125 de La Bisbal d’Empordà, le WTA 1000 de Rome et le WTA 125 de Parme, un calendrier calibré sur la terre battue, la surface où elle a construit l’essentiel de ses résultats.

Article by GeneratePress

Lorem ipsum amet elit morbi dolor tortor. Vivamus eget mollis nostra ullam corper. Natoque tellus semper taciti nostra primis lectus donec tortor fusce morbi risus curae. Semper pharetra montes habitant congue integer nisi.

Laisser un commentaire