Cachets télé, bookings, posts sponsorisés, cosmétiques : en une décennie, Nabilla a bâti des revenus de star du foot. Enquête sur son modèle économique d’influenceuse.
À Dubaï, Nabilla compare son revenu mensuel à celui d’« un bon joueur de Ligue 1 », « un bon joueur de l’OM », dans un portrait repris par plusieurs médias en 2022 et 2023. Elle se dit aussi « millionnaire » dans un entretien cité par la presse people en 2023, sans détailler la part exacte de ses revenus, de son patrimoine ou de ses sociétés. Entre ses déclarations, les estimations de plateformes spécialisées et les chiffres avancés par la presse, ses gains se comptent en dizaines, puis en centaines de milliers d’euros au fil des années. De la télé-réalité aux placements de produits, puis à sa marque de cosmétiques, son parcours raconte dix ans de montée en gamme dans l’économie de l’influence.
Une comparaison devenue repère
Le téléphone est posé sur une table basse, la caméra cadre le salon, et Nabilla déroule face objectif le récit d’une réussite qui ne passe plus par les plateaux de télé-réalité. Dans un documentaire et des portraits de presse relayés en 2021, 2022 et 2023, elle explique gagner « le salaire d’un bon footballeur de Ligue 1 », formule ensuite largement reprise par les magazines people. Dans le même cycle médiatique, elle déclare être « millionnaire », sans publier de document comptable, fiscal ou social permettant d’établir un revenu mensuel exact.
La comparaison avec la Ligue 1 agit comme un repère plus que comme un bulletin de paie. Les montants de 400 000 euros par mois, parfois davantage, avancés dans certains articles proviennent d’estimations de presse ou d’émissions de divertissement, et non d’une source publique officielle. Pour le lecteur, le point important est ailleurs : Nabilla ne parle plus d’un cachet d’émission ou d’un contrat unique, mais d’un ensemble de revenus tirés des réseaux sociaux, de productions audiovisuelles et de sociétés liées à son image.
Des outils de marché évaluent d’ailleurs la seule activité Instagram de son compte à plusieurs dizaines de milliers de dollars sur 30 jours en 2025, avec une fourchette d’environ 26 000 dollars à 35 700 dollars pour une période donnée. Ces chiffres sont récents, mais ils restent des estimations algorithmiques fondées sur l’audience, l’engagement et les contenus sponsorisés repérés ; ils ne constituent ni un revenu certifié ni une photographie complète de son activité.
Les débuts, entre cachets et bookings
En 2011, Nabilla apparaît dans « L’amour est aveugle » sur TF1, avant de connaître une exposition beaucoup plus forte dans « Les Anges de la téléréalité 5 » en 2013. C’est à ce moment-là que la phrase « Allô, non mais allô quoi » fait basculer sa notoriété dans un autre ordre de grandeur médiatique, avec des rediffusions en boucle, des reprises dans les médias généralistes et une demande immédiate pour des apparitions rémunérées.
Les chiffres connus pour cette période sont ceux avancés par la presse. Un quotidien national évoque alors un cachet compris entre 25 000 euros et 30 000 euros pour trois mois de tournage des « Anges », soit un revenu d’environ 8 000 euros à 10 000 euros par mois sur la durée du programme, sans compter les autres contrats liés à sa visibilité. Dans le même temps, ses bookings en discothèque sont évalués à 5 000 euros la soirée en moyenne, avec des pointes à 10 000 euros dans les mois où sa popularité explose.
À cette étape, le modèle est simple et fragile. La télévision fournit l’exposition ; l’exposition alimente les soirées, les défilés et les premiers partenariats ; les revenus dépendent donc directement du bruit médiatique produit par chaque séquence, chaque phrase et chaque apparition publique. Pour une jeune femme de 20 ans issue d’un parcours scolaire interrompu et sans statut salarial classique, les montants sont déjà élevés, mais ils restent liés à un marché court, rapide et réversible.
2014, la rupture
Le 7 novembre 2014, Nabilla est placée en garde à vue après une altercation avec Thomas Vergara ; le lendemain, plusieurs médias annoncent sa mise en examen pour tentative d’homicide volontaire et son placement en détention provisoire. En quelques jours, le cycle de surexposition qui alimentait ses revenus se grippe. Les émissions qui l’invitaient suspendent ou modifient leurs projets, et les apparitions rémunérées qui reposaient sur sa présence permanente dans l’actualité cessent presque immédiatement.
Cet épisode compte dans la trajectoire des revenus autant que dans celle de l’image. À l’automne 2014, les cachets de télé-réalité, les bookings et les collaborations les plus visibles deviennent plus rares, puis disparaissent presque des récits médiatiques qui la concernent. En décembre de la même année, elle annonce se retirer « momentanément de la scène médiatique », ce qui confirme une sortie provisoire du circuit qui faisait vivre les figures de la télé-réalité du début des années 2010.
Pour le grand public, le point mérite d’être dit simplement : à ce moment-là, son revenu ne repose pas sur une entreprise stabilisée, mais sur la circulation de son image. Quand cette circulation s’arrête, les gains associés s’arrêtent eux aussi. C’est cette rupture qui prépare le basculement vers un autre modèle, moins dépendant d’un producteur unique et plus centré sur les réseaux sociaux.
Le virage Instagram
À partir du milieu des années 2010, Nabilla développe une activité d’influence plus structurée sur Instagram, avec des contenus sponsorisés pour des marques de mode, de beauté ou de produits du quotidien. Dans des extraits d’émissions et de portraits relayés par la presse, elle indique alors être payée entre 3 000 euros et 6 000 euros pour certains contenus sponsorisés. Ces chiffres, même anciens, marquent une rupture nette avec la logique du simple cachet de programme : l’audience devient elle-même un actif commercial.
Plusieurs médias spécialisés dans l’actualité people avancent, à la même période, d’autres estimations : autour de 1 500 euros à 2 000 euros pour une simple photo portant un vêtement ou un accessoire, et jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros mensuels une fois les contrats multipliés. Ces montants sont à manier avec précaution, car ils reposent sur des témoignages indirects ou des reconstitutions de presse. Ils permettent néanmoins de comprendre la mécanique : chaque publication, chaque story et chaque collaboration viennent ajouter une ligne de revenus à un portefeuille devenu plus diversifié.
La télévision n’a pas disparu pour autant. En 2017, pour « Les incroyables aventures de Nabilla et Thomas en Australie », elle déclare avoir touché plus de 100 000 euros, sans donner de total exact. Le schéma qui se dessine est celui d’une activité mixte : la télévision sert encore à entretenir la notoriété, mais l’argent entre de plus en plus par les plateformes et les contrats commerciaux négociés autour de l’audience.
Passer de l’image à la marque
En 2019, Nabilla lance sa marque de cosmétiques, présentée dans la presse sous les noms de Nabilla Beauty ou Nabilla Cosmetic selon les publications. Le basculement est important, car elle ne vend plus seulement du temps d’écran ou de la visibilité publicitaire : elle vend désormais ses propres produits à une communauté qu’elle a constituée au fil des années. Dans les articles consacrés à sa fortune en 2023, cette activité est décrite comme l’un des piliers de ses revenus actuels.
Les mêmes sources indiquent qu’elle détient plusieurs sociétés, dont certaines sont basées à Londres et à Dubaï. Aucun organisme public ne publie cependant, à la date de mai 2026, un relevé officiel permettant de ventiler précisément le chiffre d’affaires, les bénéfices ou la rémunération qu’elle tire de ces structures. Il faut donc rester précis sur les mots : la presse documente un dispositif entrepreneurial, mais pas un revenu certifié ligne à ligne.
Dans ce cadre, parler de « salaire » devient moins exact au sens juridique du terme. Les revenus évoqués dans les articles prennent la forme de cachets, de prestations facturées, de marges commerciales et, potentiellement, de distributions liées à ses sociétés. C’est aussi ce qui explique que les comparaisons avec un joueur de Ligue 1 frappent l’opinion : elles traduisent un niveau de gains, pas une fiche de paie au sens classique.
Ce que disent vraiment les estimations récentes
Les données les plus récentes disponibles publiquement sur ses revenus chiffrés viennent surtout de plateformes d’analyse de marché. Ces outils attribuent à son compte Instagram des revenus estimés de plusieurs dizaines de milliers de dollars sur certaines périodes de 2024 et 2025, avec une fourchette de 26 059 dollars à 35 701 dollars sur 30 jours en juin 2025. L’évolution sur douze mois montre des variations qui suggèrent des fluctuations d’activité ou de performance.
Il faut toutefois expliquer ce que ces chiffres disent, et ce qu’ils ne disent pas. Ils concernent la monétisation potentielle d’Instagram, pas l’ensemble de ses activités ; ils n’intègrent pas de manière transparente les ventes de cosmétiques, les contrats audiovisuels, les opérations ponctuelles ou d’éventuels revenus tirés d’autres sociétés. Ils servent donc de thermomètre partiel, utile pour mesurer la valeur de son audience, mais insuffisant pour établir une fortune ou un revenu annuel exhaustif.
D’autres chiffres circulent dans des blogs, des sites de « fortune de célébrités » ou des reprises de télévision de divertissement, avec des montants parfois plus élevés. Pour un article de presse de référence, ils ne peuvent pas être traités comme des données certaines. La hiérarchie de fiabilité est claire : les déclarations de Nabilla viennent en premier, puis les articles de presse identifiés, puis les estimations de plateforme, tandis que les sites de fortune non documentés doivent rester à l’écart.
« Je suis millionnaire »
Dans les articles qui lui sont consacrés depuis 2022, Nabilla parle de l’argent sans détour. Elle se dit « millionnaire » dans un entretien repris en 2023 et compare ses revenus à ceux d’un joueur confirmé de Ligue 1 dans d’autres séquences médiatiques. Ces formules ont un double effet : elles fixent un imaginaire de richesse très élevé, et elles servent de raccourci pour résumer un ensemble de revenus que le public ne peut pas vérifier dans le détail.
Son parcours personnel nourrit aussi ce récit public. Les articles biographiques rappellent ses débuts télévisés, la crise judiciaire de 2014, son retour progressif sur les réseaux sociaux, puis sa vie de famille avec Thomas Vergara et leurs enfants nés en 2019 et 2022. Dans les programmes qui la suivent au quotidien, cette vie privée n’est pas séparée de l’activité économique : elle alimente le contenu, entretient l’audience et soutient indirectement la valeur commerciale de son image.
Là encore, la prudence s’impose sur les mots. Les médias disposent de ses déclarations, de quelques ordres de grandeur et d’estimations de marché, mais pas de documents permettant de calculer sa fortune nette de façon certaine. Ce qui peut être affirmé avec solidité, en revanche, c’est la transformation du modèle : de candidate rémunérée par émission, Nabilla est devenue une personnalité qui monétise une audience, une marque et plusieurs véhicules d’activité.
Un parcours de revenus en dix ans
Les chiffres disponibles, même incomplets, racontent une progression nette. Au début des années 2010, la presse situe ses gains dans une fourchette de quelques dizaines de milliers d’euros par émission et de quelques milliers d’euros par soirée en discothèque. À partir du milieu de la décennie, les contenus sponsorisés lui apportent plusieurs milliers d’euros par publication, puis des revenus mensuels bien plus élevés à mesure que son audience se consolide.
Dans les années 2020, les montants cités par la presse montent encore d’un cran, jusqu’à des comparaisons avec la Ligue 1 et des estimations de plusieurs centaines de milliers d’euros par mois. Ces chiffres ne sont pas certifiés par l’administration ni étayés par des comptes détaillés rendus publics, mais ils convergent vers une même idée : Nabilla appartient au petit groupe des personnalités françaises du divertissement dont la fortune repose désormais sur l’économie de l’influence à grande échelle.
Pour un lecteur non spécialiste, la clé de compréhension tient en une phrase. Le « salaire » de Nabilla n’est pas celui d’une salariée, ni même seulement celui d’une star de télévision ; il correspond à l’addition de revenus publicitaires, de cachets audiovisuels et d’activités entrepreneuriales bâties sur plus de dix ans de notoriété. C’est cette addition, plus que n’importe quel chiffre isolé, qui permet de comprendre comment une ancienne candidate de télé-réalité peut aujourd’hui se comparer, publiquement, à un joueur de Ligue 1.
Les informations relatives aux revenus, patrimoine ou rémunérations mentionnées dans cet article sont issues de sources publiques (déclarations fiscales rendues publiques, rapports officiels, estimations de tiers, déclarations des intéressés eux-mêmes ou de leurs représentants, ainsi que de publications et articles de presse). Ces données sont fournies à titre informatif et peuvent être approximatives, incomplètes ou ne plus refléter la situation actuelle à la date de lecture. Elles ne constituent en aucun cas une évaluation comptable ou juridique certifiée. Toute personne concernée qui souhaiterait apporter un correctif peut contacter la rédaction à l'adresse suivante : contact [@] combiengagne.fr.