Défense : combien gagne un Général de l’armée française ?

23/10/2026

Le salaire d’un général dépasse la seule grille indiciaire. Primes, responsabilités et calendrier des versements expliquent les écarts de rémunération.

Le ministère des Armées attribue à certains généraux une indemnité de haute responsabilité, avec une part mensuelle liée aux fonctions et une part annuelle liée aux résultats. Pour connaître leur revenu, il faut examiner les compléments versés et les retenues. Chaque général perçoit une solde, sa rémunération militaire, calculée à partir des éléments attribués sur son bulletin.

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De 6 129 euros à la base du haut commandement

Un général de brigade français commence, dans la grille consultée pour 2026, à environ 6 129 euros brut par mois de traitement indiciaire, la rémunération de base calculée selon son classement administratif. Au quatrième échelon, le niveau le plus élevé de ce grade, il atteint environ 6 473 euros. Un général de division reçoit une base comprise entre 6 473 et 6 784 euros. Ces montants excluent les primes et les indemnités.

La direction des ressources humaines de l’armée de terre, la DRHAT, avait fixé une échéance de paiement. Elle annonçait en janvier une mise en paiement de la nouvelle grille en octobre 2026, avec rétroactivité au 15 décembre 2025. Elle formulait alors une prévision ; son annonce ne confirme donc pas un versement effectif au 8 octobre. Pour apprécier les rémunérations actuelles, il faut distinguer les droits ouverts par la réforme et les sommes déjà versées.

Les montants retenus correspondent à la grille des officiers des armes de l’armée de terre, dans sa situation au 15 août 2026. Le lecteur consulte ainsi un barème identifié, avec ses catégories et ses échelons. Il s’agit de traitements associés à des classements précis, sans calcul d’une moyenne sur l’ensemble des généraux français.

Au sommet, l’administration distingue plusieurs classements. Les généraux de division, de corps d’armée ou d’armée bénéficiant d’une classe fonctionnelle, un classement associé à certains emplois, ont une base allant d’environ 6 784 à 7 040 euros brut mensuels. Pour les emplois du haut encadrement militaire répartis administrativement dans la liste 1, la grille donne une fourchette de 7 138 à 7 335 euros ; pour ceux de la liste 2, de 7 138 à 7 729 euros. Le chef d’état-major des armées se situe à environ 7 857 euros.

Le chef d’état-major occupe donc le niveau le plus élevé du tableau consulté. Pour connaître sa rémunération complète, il faudrait ajouter les éléments indemnitaires effectivement attribués et appliquer les retenues correspondantes. Les gestionnaires calculent ces compléments selon les règles applicables à son emploi. Le lecteur peut ainsi situer sa base dans la hiérarchie salariale, tandis que son revenu total exige des informations individuelles supplémentaires.

L’administration calcule le traitement à partir d’un indice majoré, le nombre de points attribué au classement de l’officier. Elle utilise une valeur annuelle de 5 907,34 euros pour l’indice majoré 100, soit environ 4,923 euros par point et par mois. Les montants présentés ici sont arrondis à l’euro.

L’administration attribue plusieurs indices à un même grade. Un général de brigade au quatrième échelon et un général de division au premier ont ainsi la même base, autour de 6 473 euros brut mensuels. Le lecteur qui ne regarderait que les étoiles manquerait ce chevauchement. Pour chiffrer le traitement d’un officier donné, il faut connaître son échelon et, dans certaines situations, son classement fonctionnel. Les gestionnaires examinent ensuite les responsabilités exercées pour calculer les compléments.

Les responsabilités, au-delà des étoiles

Le ministère des Armées rémunère certains emplois de haut niveau à travers l’indemnité spécifique de haute responsabilité, l’ISHR. Créée en novembre 2018, cette indemnité concerne des postes classés selon leurs responsabilités, leurs sujétions, c’est-à-dire les contraintes particulières des fonctions, et leur niveau d’encadrement. Le ministère répartit les postes entre plusieurs groupes et classe certains emplois particulièrement importants hors groupes. L’officier bénéficie du dispositif à travers l’emploi qu’il occupe.

Les autorités compétentes attribuent la part fonctionnelle mensuelle selon les fonctions exercées et la part variable annuelle selon les résultats. Pour apprécier le revenu d’un bénéficiaire, il faut donc examiner à la fois le montant habituel de sa paie et les sommes reçues au titre de l’année.

L’autorité qui attribue une indemnité peut arrêter un montant inférieur au maximum réglementaire. Le titulaire reçoit la somme ainsi déterminée, dans les conditions prévues pour son emploi. En 2020, le plafond annuel du groupe 1 était présenté à 81 500 euros, parts fonctionnelle et variable réunies. Ce maximum historique ne suffit pas à établir le montant perçu par un général en 2026.

Pour comparer les revenus de deux responsables, il faut réunir des données de même nature et portant sur la même période. En divisant une indemnité annuelle par douze, on obtient une moyenne mensuelle. Le bénéficiaire peut toutefois recevoir la part variable lors d’un versement distinct. Son bulletin mensuel et son revenu annuel demandent alors deux lectures, particulièrement lorsqu’on cherche à établir la somme dont il dispose habituellement.

Le ministère avait aussi réorganisé des rémunérations antérieures. Lors du lancement de l’ISHR, il remplaçait plusieurs primes et indemnités, notamment des éléments liés à la qualification et à la spécialité. Il supprimait également le « droit d’option », le régime par lequel certains généraux pouvaient choisir entre solde militaire et traitement civil. Le ministère entendait donner une base juridique plus robuste à leur rémunération.

Les 59 bénéficiaires de la première année conservaient alors une rémunération mensuelle globale au niveau précédent, dans le cadre d’une mise en œuvre à coût constant. Pour les évolutions ultérieures, il faut examiner les règles et les attributions correspondantes, sans prolonger automatiquement ce constat de 2019 jusqu’à aujourd’hui.

Les gestionnaires doivent enfin respecter les exclusions de cumul. Le ministère écarte certaines autres primes liées aux qualifications, aux fonctions et à la manière de servir, sous réserve des exceptions prévues. Additionner tous les dispositifs militaires à leur maximum ferait apparaître un revenu que les règles n’autorisent pas nécessairement.

La hiérarchie militaire générale comprend deux grades d’officiers généraux : brigade et division, avec leurs équivalents dans les autres armées. Les généraux de division peuvent recevoir rang et appellation de général de corps d’armée ou de général d’armée, les positions supérieures ainsi désignées. Pour examiner leur rémunération, il faut associer leur position hiérarchique à l’emploi et au classement indiciaire.

Du brut au net, les limites des estimations

Les gestionnaires calculent le brut total en réunissant le traitement indiciaire et les compléments effectivement attribués. Ils appliquent ensuite les cotisations et prélèvements sociaux pour déterminer le net avant impôt. L’administration fiscale intervient à travers le prélèvement à la source, selon la situation du contribuable. Pour comparer les rémunérations professionnelles, il faut donc préciser si le montant présenté précède ou suit ce prélèvement.

Certaines estimations du net indiciaire utilisent un taux forfaitaire de retenues de 20,63%. Elles excluent les primes, les indemnités individuelles et l’impôt prélevé à la source. Le lecteur dispose ainsi d’une simulation sur une partie de la rémunération. Pour reconstituer le revenu d’un général, il faudrait connaître les autres lignes et les retenues réellement inscrites sur son bulletin.

En 2023, les officiers du champ statistique étudié percevaient en moyenne 4 943 euros nets mensuels, avant prélèvement à la source. Le calcul inclut des militaires affectés en France, outre-mer compris, toute l’année. Il exclut notamment la gendarmerie, la direction générale de l’armement, les élèves et les volontaires.

Les statisticiens regroupent ici des officiers de grades et d’emplois différents. Ils ne donnent pas, dans cette étude, une moyenne isolant les généraux. Ils observent aussi les rémunérations de 2023, avant la nouvelle grille. Pour apprécier le revenu actuel d’un général, le lecteur doit donc conserver ces deux limites : le périmètre de la population et l’année observée.

Les primes et indemnités représentaient alors 43,3% du brut moyen des officiers. On mesure ainsi leur poids dans cette catégorie. Pour un général donné, il faudrait connaître son propre régime indemnitaire. Appliquer ce pourcentage à la grille de 2026 reviendrait à utiliser une moyenne historique pour fabriquer un revenu individuel.

Les gestionnaires calculent chaque rémunération à partir du classement, de l’emploi et des éléments attribués. Ils doivent aussi appliquer les nouveaux barèmes à leur date d’effet, puis verser les sommes éventuellement dues pour les mois antérieurs. Pour celui qui reçoit un rappel, il faut encore distinguer la rémunération habituelle et la régularisation.

Octobre 2026, l’échéance du rappel

Les officiers généraux ont rejoint, le 15 décembre 2025, l’échelle de solde n° 3, la grille réservée au haut encadrement militaire. Les pouvoirs publics ont organisé la rémunération indiciaire des officiers en trois échelles afin de valoriser les qualifications et les responsabilités.

Les gestionnaires devaient ensuite intégrer les nouvelles règles dans les outils de ressources humaines. La direction des ressources humaines de l’armée de terre attribuait à cette adaptation informatique le délai de paiement annoncé en janvier. L’officier acquiert les droits correspondants à la date réglementaire ; le service chargé de la solde les traduit ensuite en versements. Entre ces deux étapes, il peut devoir régulariser plusieurs mois de rémunération.

L’administration avait annoncé une rétroactivité au 15 décembre 2025 lors de la mise en paiement prévue en octobre 2026. Pour le bénéficiaire, cette rétroactivité signifie que les gestionnaires doivent tenir compte des droits acquis depuis décembre, lors du calcul des sommes à régulariser.

Les gestionnaires additionnent alors les différences dues pour les périodes antérieures. Un officier peut recevoir, sur un même bulletin, sa rémunération du mois et ce rappel. Pour apprécier son revenu récurrent, il faut identifier séparément la régularisation. Le général peut percevoir, ce mois-là, une somme supérieure à celle des mois suivants, sans que son traitement habituel atteigne ce montant.

Les statisticiens du ministère suivent également les droits associés aux classements. En 2026, ils ont pris en compte une application théorique de la nouvelle grille pour mesurer ses effets. Ils peuvent ainsi observer les conséquences du barème indépendamment du calendrier individuel des versements. Pour connaître la somme encaissée, il faut examiner les éléments que les gestionnaires ont effectivement payés.

La fidélisation des officiers en ligne de mire

Le ministère a engagé cette révision dans une politique de gestion des carrières. En mars 2024, il avait annoncé une accélération de la revalorisation des soldes des officiers, initialement envisagée entre 2025 et 2027. Il voulait notamment porter leur durée moyenne de carrière de vingt-cinq à vingt-sept ans. Les responsables militaires cherchaient ainsi à conserver plus longtemps des personnels formés.

La direction des ressources humaines de l’armée de terre identifie les officiers supérieurs comme le principal public visé par la revalorisation. Dans cette catégorie, l’administration classe les commandants, les lieutenants-colonels et les colonels. Elle réserve certains accès aux officiers titulaires de brevets de l’enseignement militaire supérieur, les qualifications acquises pour exercer des fonctions plus élevées.

Les responsables militaires ont donc ciblé plusieurs étapes du parcours, en associant la progression de rémunération aux qualifications et aux responsabilités. Les généraux rejoignent le niveau du haut encadrement, tandis que le ministère valorise aussi les officiers appelés à poursuivre leur carrière vers ces emplois. Pour retenir ces personnels, il agit sur le traitement indiciaire à différents moments de leur progression.

La direction des ressources humaines de l’armée de terre désigne précisément l’échelle n° 2, destinée à certains officiers supérieurs titulaires des brevets requis, comme le cœur de cible de la réforme.

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Ancienne pigiste pour Le Quotidien du Sport et L'Équipe Magazine, Guillaume Baroncel couvre pour Combien Gagne les revenus des sportifs (football, tennis, rugby, cyclisme, basket, athlétisme, MMA...). Il s'appuie sur les contrats rendus publics, les rapports financiers des clubs, les enquêtes de la presse sportive et locale.

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