Au 1er janvier 2026, un gardien de la paix débutant touche 2 161 € nets en province et 2 344 € en Île-de-France, primes comprises. Le point d’indice de la fonction publique est gelé à 4,9228 € depuis le 1er juillet 2023, et l’arithmétique salariale des policiers se joue désormais presque intégralement sur les indemnités.
Un gardien de la paix titularisé perçoit, en janvier 2026, 2 161 € nets mensuels primes comprises en province et 2 344 € en Île-de-France. Le traitement indiciaire net, hors indemnités, s’établit autour de 1 595 € en début de carrière. En école, l’élève gardien de la paix est rémunéré entre 1 361 € nets mensuels à l’entrée et 1 570 € à 1 617 € après progression dans le cursus. Un cadet de la République touche environ 552 € mensuels et un policier adjoint entre 1 528 € et 1 625 € nets. En fin de carrière, un gardien atteint 3 704 € nets en province et 3 917 € en Île-de-France ; un brigadier se situe entre 2 473 € et 3 238 €, un major entre 2 991 € et 3 487 €. Le salaire net moyen des policiers de catégorie B était chiffré à 2 870 € dans les données 2023 de l’administration.
La valeur du point d’indice de la fonction publique est maintenue à 4,9228 € au 1er janvier 2026, sans revalorisation depuis la hausse de 1,5% appliquée le 1er juillet 2023. L’avancement d’échelon, automatique tous les deux à trois ans dans le corps d’encadrement et d’application, ne produit plus de gain de pouvoir d’achat sensible. Le ministère de l’Intérieur a réorienté sa politique salariale vers des revalorisations indemnitaires ciblées entre 2024 et 2026. Un arrêté publié au Journal officiel du 7 janvier 2026 a ajusté l’indemnité de sujétion spécifique de la police technique et scientifique, avec effet rétroactif au 1er décembre 2025.
ISSP, IJAT, OPJ : le vrai salaire
L’indemnité de sujétions spéciales de police, régie par le décret n° 2013-617 du 11 juillet 2013, est versée à tous les personnels actifs et représente 28,5% du traitement indiciaire brut. Elle est intégrée à l’assiette de calcul de la pension de retraite en application de la loi de finances pour 1983, particularité rare dans la fonction publique. Elle apporte environ 523 € nets à un gardien débutant et jusqu’à 835 € à un major. L’indemnité journalière d’absence temporaire, versée aux CRS et aux unités de force mobile en déplacement, a été portée à 46,42 € par jour en métropole au 1er janvier 2024, après une revalorisation avancée d’un an par rapport au calendrier initial. Elle atteint 51,95 € en Guyane et 71,85 € en Polynésie, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna. Une nouvelle hausse est programmée au 1er janvier 2027, avec un taux métropolitain porté à 47,53 €. La prime d’officier de police judiciaire s’élève à 125 € bruts mensuels, un montant cité par plusieurs syndicats mais qui reste à confirmer par arrêté ministériel. Les heures supplémentaires sont rémunérées 15,21 € bruts de l’heure, majorées de 0,17 € la nuit et de 1,27 € le dimanche et les jours fériés. Un brigadier affecté en Île-de-France avec douze jours de déplacement mensuels atteint ainsi environ 3 500 € nets, cumulant 1 840 € de traitement, 658 € d’ISSP, 125 € de prime OPJ et 557 € d’IJAT. Un major en mission spécialisée parvient à 4 451 € nets, dont 2 400 € de traitement, 835 € d’ISSP, 696 € d’IJAT et 200 € d’indemnités diverses.
À grade équivalent, l’écart net entre Île-de-France et province varie de 180 € à 215 € mensuels. La prime de fidélisation territoriale, versée aux fonctionnaires exerçant dans des services éligibles du département de la Seine-Saint-Denis, a été portée de 10 000 € à 12 000 € par le décret n° 2023-1016 du 2 novembre 2023 et l’arrêté du 20 décembre 2023, applicables au 1er janvier 2024. Le versement est désormais fractionné : 20% à la prise de poste, 40% au bout de trois ans et 40% au bout de cinq ans. Une prime de fidélité Île-de-France distincte serait versée semestriellement jusqu’à la quatorzième année de service, mais le texte consolidé n’a pas été retrouvé lors de cette vérification. Trois leviers cumulés dessinent la carte salariale : l’indemnité de résidence à 0%, 1% ou 3% selon la zone, le différentiel d’ISSP et les primes territoriales.
Police nationale, police municipale : l’écart se creuse
La masse salariale des polices municipales a progressé de 17,5% entre 2020 et 2024, soit plus vite que celle des autres services communaux. Le salaire médian d’un policier municipal s’établit à 2 154 € bruts mensuels, avec une fourchette de 1 807 € à 2 501 €, tandis que la moyenne atteint environ 3 400 € bruts, l’écart tenant à la différence entre statistique déclarative et comptes communaux consolidés. Le brut moyen monte à 3 870 € en Île-de-France et tombe à environ 3 000 € en Pays de la Loire, Bretagne et Nouvelle-Aquitaine. La Police nationale applique une grille d’État avec l’ISSP à 28,5% intégrée à la retraite ; la police municipale relève de la fonction publique territoriale et de l’indemnité spéciale de fonction et d’engagement, sans équivalent retraite. L’armement généralisé, l’extension des horaires et les créations de postes expliquent la hausse territoriale. Il n’existe pas de police privée en France, la comparaison pertinente oppose les deux versants du service public.
Le décret n° 2023-676 du 28 juillet 2023 a réformé le corps d’encadrement et d’application. Aucun gardien de la paix ne peut être promu brigadier-chef entre 2024 et 2026, aux termes d’une disposition transitoire. La promotion redevient possible en 2027, conditionnée à sept ans de services effectifs depuis la titularisation, à l’habilitation d’officier de police judiciaire et à quatre années d’affectation en poste de police judiciaire. L’accès au grade de major exige dix-sept ans de services, dont quatre comme brigadier-chef, via reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle ou examen professionnel. Le concours interne d’officier ouvre sur une formation de dix-huit mois à l’École nationale supérieure de la police de Cannes-Écluse, avec un plafond de 5 403 € nets en fin de carrière en Île-de-France. Les commissaires plafonnent à 8 340 € nets mensuels en Île-de-France et 8 076 € hors région capitale.
Retraite à 57 ans et bonification du cinquième
Les policiers sont classés en catégorie active de la fonction publique et peuvent liquider leur pension dès 57 ans. Une bonification d’un cinquième du temps de service s’ajoute à la durée d’assurance retenue pour le calcul de la pension. L’ISSP est intégrée à l’assiette du calcul de cette pension depuis la loi de finances pour 1983, exception rare dans la fonction publique d’État. Le statut ouvre droit à la protection fonctionnelle, à un logement de fonction pour certaines affectations en Île-de-France et sur postes sensibles, à des facilités de transport et à une couverture santé renforcée. La réserve opérationnelle de la Police nationale, définie à l’article R. 434-1 du code de la sécurité intérieure, permet aux retraités et anciens adjoints de sécurité de percevoir un complément de revenu.
2027, prochaine échéance indemnitaire
La revalorisation de l’IJAT programmée au 1er janvier 2027 portera le taux métropolitain à 47,53 €, dans la continuité de l’arrêté du 23 avril 2024. La promotion au grade de brigadier-chef rouvre à la même date, avec ses nouveaux critères d’habilitation OPJ et d’ancienneté en poste de police judiciaire. Le ministère de l’Intérieur poursuit l’objectif de parité indemnitaire avec la gendarmerie nationale. La question du dégel du point d’indice reste ouverte, alors que la Police nationale fonctionne depuis juillet 2023 sur un modèle de revalorisation par primes.