Combien gagne Maeva Ghennam ?

25/07/2026

De l’assistanat dentaire à Marseille aux placements de produits à plus de 150 000 euros, l’ascension de Maeva Ghennam est désormais freinée par la justice.

Dans une story tournée à Dubaï au début de l’année 2026, Maeva Ghennam pose sur une table basse plusieurs sacs de luxe, une montre sertie de diamants et des liasses d’euros. Face caméra, l’ancienne candidate des « Marseillais » déclare être « multimillionnaire » grâce à l’immobilier, aux montres et aux sacs qu’elle accumule depuis plusieurs années. Le 9 octobre 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a pourtant condamnée à un an de prison avec sursis et 150 000 euros d’amende pour pratiques commerciales trompeuses, après plusieurs promotions de produits diffusées entre 2020 et 2023. Entre le salaire d’assistante dentaire à Marseille et les revenus mensuels à six chiffres que plusieurs médias lui attribuent au sommet de sa carrière, sa trajectoire raconte l’enrichissement rapide d’une figure de téléréalité devenue entrepreneuse de soi, puis rattrapée par la loi.

De Marseille à Dubaï

Début mars 2026, plusieurs médias reviennent sur le parcours de Maeva Ghennam, née le 14 mai 1997 à Marseille et installée à Dubaï depuis plusieurs années. Ils rappellent qu’elle a suivi une formation d’assistante dentaire, obtenu son diplôme et travaillé en cabinet avant son arrivée à la télévision. Ces éléments biographiques fixent son point de départ : un métier qualifié, exercé dans le secteur paramédical, avec des revenus sans commune mesure avec ceux que lui attribueront ensuite les médias people.

En 2018, elle est intégrée au casting des « Marseillais », franchise devenue l’un des grands réservoirs de notoriété de la téléréalité française. Les montants précis des cachets n’ont pas été rendus publics, mais plusieurs articles sur l’économie de la téléréalité évoquent, pour des profils installés, des rémunérations de plusieurs milliers d’euros par saison ou par session de tournage. À ce stade, l’argent de la télévision améliore son niveau de vie, mais ne suffit pas à expliquer la suite ; le vrai basculement vient des réseaux sociaux, où sa notoriété devient monétisable presque en temps réel.

Les réseaux comme caisse

Au début des années 2020, sa communauté dépasse les seuils qui font monter les tarifs dans l’influence commerciale. Des chaînes d’info et des magazines people indiquent alors que certaines stars de téléréalité peuvent facturer jusqu’à 6 000 euros un post sponsorisé sur Instagram. Dans ces articles, Maeva Ghennam est créditée d’un revenu mensuel estimé entre 150 000 et 190 000 euros grâce aux placements de produits, selon le volume de promotions acceptées.

Ces montants ne sont pas des données comptables ; ce sont des estimations médiatiques, publiées à partir des tarifs supposés du marché et du rythme de publication observé. D’autres sites, spécialisés dans la vie des célébrités, évoquent la même période et avancent eux aussi un revenu de l’ordre de 150 000 euros par mois, avec des publications rémunérées « des milliers d’euros » pièce. Pris ensemble, ces chiffres donnent un ordre de grandeur : à son pic de visibilité, Maeva Ghennam figure parmi les candidates de téléréalité les plus rentables du marché francophone de l’influence.

Le détail de cette mécanique compte autant que le montant. Les revenus viennent moins des plateformes elles-mêmes que des contrats conclus avec les marques en dehors d’Instagram ou de TikTok. Fin 2020, une séquence devenue virale la montre exhibant un versement TikTok d’environ 150 euros pour des millions de vues, pour expliquer que le vrai argent ne vient pas du fonds de créateurs mais des opérations commerciales négociées en direct. Cette scène illustre le cœur du modèle : la visibilité n’est qu’un support, la rémunération vient de la conversion marchande de cette visibilité.

Le pic des six chiffres

En 2023, un classement présenté à la télévision puis repris en ligne lui attribue environ 250 000 euros de revenus mensuels tous canaux confondus. Ce montant inclut, selon ces mêmes sources, les tournages, les placements de produits et les opérations commerciales liées à son image. Là encore, il ne s’agit pas d’un chiffre certifié mais d’une évaluation médiatique ; elle reste néanmoins cohérente avec les ordres de grandeur déjà publiés en 2021 pour les influenceuses les plus visibles.

Ce moment correspond aussi à une diversification. Maeva Ghennam développe sa marque de cosmétiques, Maeva Ghennam Beauty, en utilisant sa communauté comme force de vente et comme espace publicitaire intégré. Fin 2025, un classement people consacré aux candidats de téléréalité les plus riches lui attribue encore entre 130 000 et 180 000 euros de revenus mensuels, en combinant les placements, les tournages et sa marque. Ces montants, eux aussi issus de la presse people, doivent être lus comme des fourchettes indicatives ; ils confirment toutefois qu’entre 2020 et 2025, plusieurs médias la situent durablement à six chiffres mensuels.

Pour mesurer ce que ces estimations représentent, il faut les replacer dans le marché global. Une synthèse publiée en 2025 à partir d’une étude sectorielle rappelle que seuls quelques pourcents des créateurs de contenus dépassent 50 000 euros de revenus sur un an et que le revenu médian du secteur tourne autour de 1 600 euros par mois. Même en retenant une marge d’erreur importante, les chiffres prêtés à Maeva Ghennam la placent donc très loin au-dessus de la moyenne du marché.

La fortune selon Maeva Ghennam

En 2022, dans une interview vidéo, l’influenceuse dit avoir « gagné énormément d’argent » et explique chercher à « investir [son] argent » plutôt qu’à le dépenser sans suite. Dans la même séquence, elle cite une montre achetée 80 000 euros « il y a deux ou trois ans » qui vaudrait désormais, selon elle, 320 000 euros. Elle mentionne aussi ses sacs de grandes marques et l’immobilier comme des supports de valorisation de son patrimoine.

En 2024, une nouvelle story est reprise par la presse people : elle s’y présente comme « multimillionnaire » et réplique à ses détracteurs, qui se moquent de son niveau d’étude ou de son langage, par une formule devenue virale : « Je suis peut-être bête, mais je suis multimillionnaire, je vous souhaite d’être bêtes comme moi ». La phrase fixe une partie de son image publique : celle d’une personnalité moquée pour son style, mais qui répond aux critiques par les chiffres qu’elle revendique.

Sur ce terrain patrimonial, les sources indépendantes sont plus rares. Aucun document public ne permet d’établir le montant précis de sa fortune, ni la composition exacte de ses actifs. Au printemps 2026, un site de divertissement relaie un classement lui prêtant 75 millions d’euros de revenus annuels et un patrimoine de 215 millions d’euros, avant de préciser lui-même qu’il s’agit d’une rumeur non confirmée. Dans un article destiné à un lectorat exigeant, ces sommes doivent donc être écartées comme non vérifiées.

Ce que l’on peut mesurer

Les données les plus prudentes proviennent d’outils d’analytics qui n’observent qu’une partie son activité. Des plateformes spécialisées estiment ainsi que son compte Instagram a pu générer, sur certaines périodes récentes, entre 6 000 et 9 000 dollars de revenus publicitaires potentiels sur 30 jours, soit autour de 80 000 à 110 000 dollars par an si le rythme se maintenait. Ces estimations signalent en outre une tendance baissière entre le printemps 2024 et le printemps 2025.

Ces chiffres ne couvrent ni les contrats privés signés avec les marques, ni Snapchat, ni les ventes de cosmétiques, ni d’éventuels revenus tirés d’autres placements. Ils rappellent cependant que la part visible et mesurable de sa monétisation sur Instagram est aujourd’hui inférieure aux montants spectaculaires avancés pour la période de pic. Autrement dit, les centaines de milliers d’euros mensuels attribués à Maeva Ghennam reposent surtout sur des estimations médiatiques anciennes ou sur des déclarations indirectes, tandis que les données techniques récentes ne captent qu’une fraction plus modeste de son activité.

Le tournant judiciaire

Le point le plus solide, dans ce paysage de chiffres flottants, est judiciaire. Le 9 octobre 2025, la 31e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris condamne Maeva Ghennam à un an de prison avec sursis et à 150 000 euros d’amende pour pratiques commerciales trompeuses. Les juges retiennent qu’entre janvier 2020 et novembre 2023, elle a promu des produits minceur, des prestations esthétiques et des offres de formation financière en laissant croire à des résultats quasi garantis ou en omettant de mentionner clairement qu’il s’agissait de contenus rémunérés.

Ce jugement intervient dans un environnement légal durci. La loi du 9 juin 2023 sur l’encadrement de l’influence commerciale a introduit de nouvelles obligations pour les créateurs de contenus, notamment sur la transparence des partenariats rémunérés. Un décret du 28 novembre 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, a rendu ces dispositions pleinement opérationnelles, en imposant par exemple la conclusion d’un contrat écrit dès lors que la rémunération dépasse 1 000 euros hors taxes par annonceur et par an, lorsque l’audience est française. Le dossier Maeva Ghennam ne résume pas à lui seul cette réforme, mais il en donne une traduction concrète : des pratiques longtemps banalisées dans la téléréalité commerciale entrent désormais dans une zone de risque juridique beaucoup plus nette.

Une trajectoire, et ses limites

Les données disponibles permettent d’établir une chronologie, sans fournir pour autant un bilan comptable exhaustif. Premier temps : une activité salariée classique à Marseille, dans un cabinet dentaire, jusqu’à l’entrée dans la téléréalité, avec un revenu proche de celui du salaire minimum. Deuxième temps : les cachets télé, encore limités, mais qui lui offrent la visibilité nécessaire pour développer sa communauté numérique. Troisième temps : la montée des placements de produits, qui conduit plusieurs médias à l’estimer entre 150 000 et 250 000 euros mensuels au plus fort du marché, avant une phase plus incertaine où la marque personnelle, les actifs de luxe et les controverses juridiques prennent davantage de place.

Les informations relatives aux revenus, patrimoine ou rémunérations mentionnées dans cet article sont issues de sources publiques (déclarations fiscales rendues publiques, rapports officiels, estimations de tiers, déclarations des intéressés eux-mêmes ou de leurs représentants, ainsi que de publications et articles de presse). Ces données sont fournies à titre informatif et peuvent être approximatives, incomplètes ou ne plus refléter la situation actuelle à la date de lecture. Elles ne constituent en aucun cas une évaluation comptable ou juridique certifiée. Toute personne concernée qui souhaiterait apporter un correctif peut contacter la rédaction à l'adresse suivante : contact [@] combiengagne.fr.
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Ancienne journaliste d'investigation pour le magazine Entreprendre, spécialisée dans l'audiovisuel, Laura Picard décrypte pour Combien Gagne les rémunérations des présentateurs, animateurs, comédiens et figures du PAF. Elle s'appuie sur les rapports d'activité des chaînes, les bilans des sociétés de production et les déclarations publiques.

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