Ex-star des Marseillais, Carla Moreau a touché jusqu’à 6 M€ par an, versé près de 2 M€ à une voyante et se dit aujourd’hui millionnaire grâce à l’immobilier.
Sur une terrasse de Marbella, les techniciens de TFX règlent les micros avant une séquence attendue de la nouvelle émission Excape Island : coincés avec nos ex. Carla Moreau, 29 ans, s’avance vers Kevin Guedj, 34 ans, dont elle est séparée depuis 2022 et divorcée depuis 2023, sous l’œil des caméras qui filmeront leur cohabitation à partir du 1er juin 2026. Ce retour à l’écran, annoncé par TFX le 11 mai, intervient au moment où l’ancienne figure des Marseillais parle plus ouvertement que jamais de ses gains passés, de ses pertes et de son patrimoine. Derrière la scène de retrouvailles vendue comme un événement de téléréalité, une autre histoire se joue : celle d’une décennie de revenus hors normes, d’un scandale qui a englouti jusqu’à près de 2 millions d’euros selon les versions médiatiques, et d’une reconversion partielle dans l’immobilier.
Retour sous les projecteurs
Le lancement d’Excape Island : coincés avec nos ex est désormais acté : TFX programmera le premier épisode le lundi 1er juin 2026 à 20 heures, avant une diffusion quotidienne les jours suivants. La chaîne a choisi Marbella pour réunir six anciens couples de téléréalité dans une villa, avec une mécanique simple : cohabiter, jouer en binôme et affronter un passé sentimental redevenu matière première télévisuelle.
Dans ce casting, Carla Moreau et Kevin Guedj occupent une place centrale, parce que leur histoire dépasse le strict cadre du divertissement. Le producteur de l’émission a indiqué qu’ils « se parlaient à peine » depuis quatre ans et qu’ils ne s’étaient « jamais réellement expliqués », ce qui fait de leur duo l’un des moteurs narratifs du programme. Pour TFX, cette tension a une valeur d’audience. Pour Carla Moreau, elle arrive à un moment où sa trajectoire financière redevient un sujet public.
Ce retour ne constitue pas seulement une réapparition à l’écran. Il survient après un passage par le livre, après des entretiens où l’influenceuse a chiffré ses revenus, et après une phase de retrait relatif des grands formats télévisés depuis l’affaire de la voyante en 2021. La séquence de Marbella fonctionne ainsi comme un point d’arrivée provisoire : un visage connu du grand public revient au moment même où son économie personnelle cesse d’être floue.
De la coiffure à la téléréalité
Carla Moreau est née à Marseille le 15 janvier 1997. Avant la télévision, elle travaille comme coiffeuse dans sa ville natale. Son entrée dans l’espace médiatique remonte à 2016, lorsqu’elle rejoint Les Marseillais South Africa sur W9, émission qui sert alors de vivier aux futures stars de l’influence française.
À ce stade, les revenus restent limités. Un candidat récurrent des Marseillais touche alors autour de 2 000 euros brut par semaine de tournage, auxquels s’ajoutent des bookings rémunérés entre 500 et 1 500 euros la soirée. Les placements de produits sur Instagram existent déjà, mais les montants sont encore modestes pour une candidate en début d’exposition, autour de 500 euros la publication.
Le couple qu’elle forme à l’écran avec Kevin Guedj change l’échelle de sa notoriété. Dans les saisons suivantes, leur relation devient un fil conducteur de la franchise, puis un argument de déclinaison sur YouTube et dans des programmes dérivés. En 2018, Carla Moreau ouvre à Marseille un institut de beauté baptisé Mon Caprice 2.0, consacré aux soins esthétiques. La beauté devient alors son terrain commercial le plus cohérent, celui qui préparera ensuite l’explosion des revenus sur Instagram.
L’ascension par Instagram
Le basculement intervient entre 2019 et 2021. En octobre 2019 naît sa fille Ruby, épisode intime aussitôt exposé dans l’économie des réseaux sociaux et de la téléréalité familiale. Son compte Instagram dépasse alors le million d’abonnés puis franchit, au début des années 2020, le seuil des 3 millions, ce qui la fait entrer dans le premier rang des influenceuses issues de la téléréalité.
À ce niveau d’audience, les tarifs changent de catégorie. Une publication sponsorisée sur son compte peut alors se négocier entre 5 000 et 15 000 euros, tandis que les stories sont valorisées entre 400 et 800 euros pour 10 000 vues. Ces chiffres ne disent pas tout, mais ils donnent une mesure du marché : plus le quotidien est exposé, plus il devient monétisable.
Carla Moreau est alors représentée par l’agence de Magali Berdah, acteur majeur de l’influence issue de la téléréalité jusqu’au début des années 2020. W9 pousse la logique plus loin en lui confiant La Mif en 2021, un programme centré sur sa vie avec Kevin Guedj et leur entourage. La télévision continue donc d’alimenter l’influence, mais elle n’en est plus la principale source de revenus.
Les cachets d’émission restent sans commune mesure avec les recettes publicitaires des réseaux. Pour une saison des Marseillais, les montants se situent entre 7 000 et 13 000 euros par tournage, ce qui représente au mieux quelques dizaines de milliers d’euros par an. À partir de 2019-2020, les estimations disponibles font plutôt état de revenus mensuels compris entre 100 000 et 150 000 euros, d’abord grâce aux placements de produits, puis aux collaborations de plus long terme avec des marques.
Un pic à 6 millions d’euros par an
Le chiffre qui a marqué les esprits vient d’une émission de décembre 2025. Invitée sur W9, Carla Moreau est interrogée sur les gains qu’elle a pu toucher à son sommet, et l’animateur avance une fourchette de « cinq à six millions d’euros par an ». L’influenceuse répond qu’elle était « dans ces eaux-là », tout en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une régularité absolue mais d’un niveau atteint sur une année de très forte activité.
Ce point mérite d’être tenu avec précision. Les 6 millions d’euros annuels correspondent à un pic déclaré en plateau, non à une moyenne sur l’ensemble de sa carrière. D’autres évaluations, plus prudentes, situent ses revenus autour de 120 000 euros par mois au sommet de sa trajectoire personnelle, et autour de 250 000 euros mensuels pour le couple qu’elle formait alors avec Kevin Guedj. L’écart entre ces deux ordres de grandeur s’explique par la différence entre une année exceptionnelle, un rythme moyen et la frontière parfois poreuse entre revenus personnels et revenus du duo médiatique.
La même séquence télévisée apporte un autre élément utile : Carla Moreau y indique qu’elle a « beaucoup gaspillé », mais qu’elle a aussi investi une partie de ses gains, notamment dans l’immobilier. Cette phrase replace les millions dans une logique concrète. L’argent n’est pas seulement passé par les contrats, il est aussi passé par des achats, des charges et une tentative de sécurisation patrimoniale.
La voyante et les millions envolés
La rupture de trajectoire survient en 2021. En mars de cette année, des audios et des captures d’écran diffusés sur les réseaux sociaux accusent Carla Moreau d’avoir sollicité une voyante, Danaé Roux Custode, pour nuire à plusieurs camarades des Marseillais. Le scandale prend immédiatement une dimension nationale, jusqu’au plateau de Touche pas à mon poste où l’influenceuse intervient le 8 mars 2021 pour livrer sa version.
Sur C8, elle explique être sous emprise depuis l’adolescence et avoir versé des sommes très importantes à cette voyante au fil des ans. Les premiers articles parlent d’environ 1,2 million d’euros. Des reprises plus récentes font état d’un total approchant les 2 millions d’euros, avec des versements mensuels évoqués de 12 000 euros à la voyante et 20 000 euros à un blogueur. Tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’établit un montant unique, la seule formulation rigoureuse consiste à maintenir cette fourchette.
Les pertes ne s’arrêtent pas à ces sommes. Plusieurs marques suspendent alors leurs collaborations, l’influenceuse se retire partiellement des réseaux, et W9 prend ses distances avec les projets qui la concernaient. Dans un univers où la réputation se convertit directement en facturation, quelques jours de crise suffisent à désorganiser une machine à revenus bâtie sur la visibilité quotidienne.
L’affaire continue d’alimenter les médias plusieurs années après. Elle quitte le simple registre people pour entrer dans celui des dérives de l’influence et des vulnérabilités privées.
Divorce et recomposition
Un autre basculement survient dans la sphère personnelle. Carla Moreau et Kevin Guedj se marient civilement à Marseille en avril 2022, avant d’annoncer leur séparation quelques mois plus tard. Le divorce est acté en 2023, ce qui met fin non seulement à une relation privée, mais aussi à une association économique qui structurait une part de leur exposition commune.
À ce moment, les revenus du couple cessent d’être additionnés dans le même récit public. Les projets communs ralentissent, les structures sont réorganisées, et Carla Moreau reprend la parole seule. Plusieurs sources mentionnent des sociétés comme CM Holding ou CM Dynastie dans son environnement entrepreneurial, sans offrir toutefois de photographie publique exhaustive de leur chiffre d’affaires ou de leurs actifs. Il faut donc rester précis : il existe des structures, mais pas de bilan détaillé publiquement documenté.
La reconstruction passe aussi par l’édition. Sous influence paraît une première fois en 2023, puis en format poche en 2025. Fin 2025, Carla Moreau met aussi en avant un second ouvrage, L’Après, présenté sur ses réseaux et référencé par plusieurs plateformes de vente. Ces livres ont une fonction économique modeste à l’échelle de ses anciens pics de revenus, mais ils jouent un autre rôle : reprendre le récit, dater les blessures, déplacer l’image publique du plateau télé vers la confession contrôlée.
L’immobilier comme filet de sécurité
En janvier 2026, lors d’un entretien télévisé, Carla Moreau est interrogée sur son patrimoine et sur l’idée qu’elle serait millionnaire. Elle répond que le terme est « un grand mot », puis ajoute que, « avec les investissements immobiliers », la réponse est oui. Elle évoque aussi « plusieurs biens » et les « soucis » liés à leur gestion, sans donner de détail sur leur nombre exact, leur localisation ou leur valeur.
Cette nuance est importante pour l’écriture de l’article. Il est exact de dire qu’elle se présente comme millionnaire par le biais de l’immobilier. Il ne serait pas exact, en revanche, d’attribuer à son patrimoine une valorisation chiffrée précise qui n’a pas été rendue publique. La formule la plus solide consiste donc à parler de plusieurs biens immobiliers et d’un patrimoine présenté par elle-même comme millionnaire, sans aller au-delà.
Ce déplacement vers la pierre répond à une logique connue chez les personnalités dont les revenus dépendent d’algorithmes et de contrats publicitaires changeants. Les flux issus de l’influence peuvent baisser, ce qu’elle dit d’ailleurs elle-même en expliquant que « l’influence a quand même baissé » par rapport aux années de pic. L’immobilier devient alors un support de stabilisation plus qu’un signe extérieur de richesse.
Une parole directe sur l’argent
Carla Moreau parle plus franchement d’argent que beaucoup d’autres figures issues de la téléréalité. Dans ses interventions de 2025 et 2026, elle confirme des ordres de grandeur, évoque les taxes, parle de dépenses excessives et de placements dans la pierre. Cette parole a une efficacité médiatique simple : elle donne des chiffres là où, d’ordinaire, le secteur préfère entretenir le flou.
Cette franchise s’adosse souvent à son histoire familiale. En avril 2020, elle explique en direct que son père était alcoolique, qu’elle a coupé les ponts et qu’elle ne veut pas reproduire ce cadre pour sa fille. Le lien entre cette enfance instable et le désir d’indépendance financière n’est jamais formulé comme une théorie, mais il apparaît nettement dans la chronologie publique qu’elle met elle-même en avant : travail jeune, entrée rapide dans la télévision, exposition maximale de la vie privée, puis recherche d’une sécurisation.
Depuis sa séparation, elle met aussi en avant une vie plus calme. Des prises de parole récentes reprennent ses mots sur une existence « apaisée » et sur le fait qu’elle « kiffe [sa] vie seule ». Cette image de mère séparée, centrée sur Ruby et moins dépendante du couple médiatique, participe désormais à sa reconstruction publique.
Un nouveau pari à Marbella
Le retour dans Excape Island remet pourtant en jeu une partie de cet équilibre. En acceptant de tourner à nouveau avec Kevin Guedj, Carla Moreau réinjecte dans sa trajectoire ce qui avait fait sa valeur télévisuelle d’origine : le couple, puis l’après-couple. Pour les producteurs, l’intérêt est évident. Pour elle, l’opération comporte un enjeu économique, même si le cachet exact de l’émission n’a pas été rendu public.
La variable décisive n’est pas seulement le salaire de tournage. Elle se situe dans l’après-diffusion : reprise médiatique, regain d’abonnés, nouveaux contrats de marque, ou au contraire exposition sans bénéfice durable. Les prochains mois diront si cette nouvelle visibilité relance fortement sa valeur marchande ou si son activité se stabilise à un niveau inférieur à celui du pic 2019-2021, mais mieux protégé par l’immobilier et par une parole plus maîtrisée.
À Marbella, les caméras cherchent un ancien couple. Dans les faits, elles filment aussi un bilan provisoire : celui d’une femme entrée à 19 ans dans une économie du spectacle qui lui a apporté des millions, lui en a coûté une part considérable, et continue, dix ans plus tard, à fixer le prix de son histoire.
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