Salaire des AESH en 2026 : le Smic rattrape les premiers échelons, tandis que les contrats à temps incomplet limitent le revenu réellement perçu.
Après douze ans d’exercice, une accompagnante d’élèves en situation de handicap déclarait en mai 2026 percevoir 1 085,96 euros nets. Depuis 2023, les employeurs ont accéléré l’accès au CDI, le contrat à durée indéterminée, avec une augmentation limitée du temps rémunéré. Une revalorisation de 10% figure parmi les recommandations adressées au gouvernement. Les accompagnants continuent à recevoir des rémunérations calculées selon leur durée de travail, leur ancienneté et leurs indemnités.
À 62%, environ 1 237 euros bruts
Un accompagnant d’élèves en situation de handicap, un AESH, débutant au premier échelon, le premier niveau de la grille salariale, et employé à 62% atteint environ 1 237 euros bruts mensuels de rémunération de référence. L’employeur additionne son traitement indiciaire, la rémunération calculée à partir de son classement dans la grille, le complément lié au salaire minimum et l’indemnité de fonctions commune. Il examine ensuite les droits de l’agent aux autres compléments, selon son affectation, ses missions et sa situation familiale.
À Aurillac, une accompagnante déclarait en septembre 2026 percevoir 1 041 euros après environ vingt et un ans au service de l’Éducation nationale. Son témoignage ne précise ni son échelon ni sa quotité, la fraction de temps complet inscrite au contrat. Pour rapprocher ce revenu d’un salaire de référence, il faudrait connaître ces paramètres ainsi que les indemnités reçues.
Au premier échelon, les gestionnaires calculent le traitement à partir de l’indice majoré 371, le coefficient appliqué à la valeur du point de rémunération de la fonction publique. Ils obtiennent 1 826,35 euros bruts mensuels à temps plein et 1 132,34 euros à 62%. Depuis le relèvement du Smic, le salaire minimum interprofessionnel de croissance, au 1er juin 2026, ils doivent compléter les traitements des deux premiers échelons, inférieurs au minimum applicable.
Un débutant à 62% reçoit ainsi un complément de référence de 25,21 euros. Il atteint 1 157,55 euros bruts de traitement complété. L’employeur lui verse également l’indemnité de fonctions, fixée à 1 529 euros bruts par an à temps plein. À 62%, il en reçoit environ 79 euros mensuels, portant l’ensemble à quelque 1 237 euros bruts, hors autres compléments individuels.
Un débutant employé à temps complet atteindrait environ 1 994 euros bruts avec ces mêmes éléments. Les gestionnaires appliquent, dans les deux cas, le premier échelon et l’indemnité commune. Ils changent la fraction de temps rémunérée. L’agent engagé à 62% reçoit donc un revenu calculé sur cette proportion du temps complet.
La plupart des AESH travaillent à temps incomplet. Au 30 novembre 2024, les employeurs avaient recruté 97,6% des accompagnants sous ce régime, pour une quotité moyenne de 63,4%. L’employeur crée alors un poste d’une durée inférieure au temps complet et recrute l’agent pour ce service.
L’agent à temps partiel demande, lui, une réduction de son temps de travail. Les AESH dans cette situation représentaient 0,4% des effectifs en 2024. L’accompagnant à temps incomplet occupe un emploi dont l’employeur a fixé la durée en deçà du temps complet : il peut souhaiter travailler davantage tout en recevant un salaire calculé sur la durée du poste.
Les employeurs attribuent aussi des quotités différentes selon les niveaux scolaires. En 2024, ils rémunéraient les accompagnants pour une quotité moyenne de 62% dans les écoles maternelles et élémentaires, contre 70% dans les collèges et les lycées. À échelon identique, les agents employés avec une quotité plus élevée reçoivent davantage de traitement et d’indemnité commune.
Le net avant impôt, sur le bulletin
Sur son bulletin, un AESH retrouve plusieurs étapes. L’employeur additionne le traitement et les indemnités pour établir le brut, puis prélève les cotisations et contributions pour obtenir le net avant impôt. Il applique ensuite, le cas échéant, le prélèvement à la source. Deux agents peuvent donc recevoir des sommes différentes sur leur compte tout en ayant le même net avant impôt.
Une fiche de paie de janvier 2026 donne un exemple concret : une AESH au deuxième échelon, employée à 62% et bénéficiaire d’une indemnité de résidence, un complément lié à sa zone d’affectation, recevait 1 249,98 euros bruts. Après cotisations, elle percevait 1 005,64 euros nets avant impôt.
Son employeur calculait cette paie avant le relèvement du Smic de juin. Pour estimer le revenu de cette accompagnante en octobre, il faudrait reprendre les éléments actualisés de son bulletin. Un agent peut également changer de quotité, avancer d’un échelon ou recevoir un nouveau complément entre deux mois. Les gestionnaires doivent intégrer ces changements au calcul.
Durant l’année civile 2023, les AESH ont perçu en moyenne 1 030 euros nets mensuels. Ce chiffre, publié en mars 2026, mesure donc une rémunération antérieure de trois ans. Sa date de publication et la période sur laquelle les salaires ont été calculés doivent être distinguées.
Sur les douze mois de 2023, les agents ont reçu des salaires calculés avant et après les revalorisations de septembre. Le gouvernement avait alors modifié la grille et créé l’indemnité de fonctions. Les statisticiens incorporent ces périodes dans la moyenne annuelle. Les 1 030 euros ne permettent donc pas de déterminer le salaire moyen national d’octobre 2026.
Sur douze mois, les 24 heures d’accompagnement
Pour déterminer la quotité qui figure sur le bulletin, l’employeur annualise le service, c’est-à-dire qu’il calcule la durée de travail sur l’année. Il utilise une référence de 1 607 heures pour un temps complet et répartit le service sur 41 à 45 semaines. Il doit ainsi traduire les heures hebdomadaires d’accompagnement en volume annuel rémunéré.
Prenons le cas d’un agent effectuant 24 heures d’accompagnement chaque semaine. Sur 41 semaines, les gestionnaires comptent 984 heures, soit environ 61,23% de la référence annuelle. Un contrat documenté pour cette configuration retient une quotité de 62%. Un autre accompagnant doit vérifier le nombre de semaines et la quotité que son employeur a inscrits dans son contrat.
Dans le schéma courant des 41 semaines, les accompagnants interviennent auprès des élèves pendant les périodes scolaires et consacrent du temps aux activités connexes, les tâches associées à leur accompagnement. Ils suivent des formations, participent aux réunions et échangent avec les équipes chargées de la scolarisation. L’employeur intègre ces tâches dans le calcul annuel du service.
Il verse ensuite le salaire sur douze mois. Dans ce fonctionnement, l’AESH continue à recevoir sa rémunération pendant les vacances scolaires. Les gestionnaires calculent donc le service sur l’année et répartissent la rémunération entre les mois. L’agent retrouve sur chaque bulletin le montant correspondant à sa quotité, sous réserve des changements de situation et des régularisations.
L’ancienneté face au rattrapage du Smic
À quotité constante, les AESH augmentent leur traitement en avançant dans une grille de onze échelons. Les agents progressent tous les trois ans jusqu’au dernier échelon. Les gestionnaires utilisent des indices majorés allant de 371 à 455, soit des traitements à temps plein compris entre 1 826,35 euros et 2 239,86 euros bruts mensuels, avant indemnités et complément éventuel.
L’État a relevé le Smic à 1 867,02 euros bruts mensuels au 1er juin 2026, après une hausse de 2,41%. Les employeurs publics complètent depuis les deux premiers traitements de la grille AESH. Ils assurent le plancher applicable et continuent à utiliser les indices prévus pour les échelons suivants.
À 62%, les agents des deux premiers échelons atteignent environ 1 157,55 euros bruts de traitement après complément. Ceux du troisième reçoivent 1 159,81 euros. Les agents ne gagnent ainsi qu’un peu plus de deux euros entre le plancher et le troisième échelon, avant l’indemnité commune. Un accompagnant peut avancer dans la grille et constater une variation minime sur cette partie de sa paie.
Plus haut dans la carrière, l’employeur verse un traitement supérieur. Il continue cependant à appliquer la quotité du contrat. Pour mesurer le gain lié à l’ancienneté, il faut donc comparer des agents employés pour la même durée et examiner séparément leurs indemnités.
L’accompagnante qui déclarait en mai 2026 percevoir 1 085,96 euros nets après douze ans expliquait avoir besoin du soutien économique de son ménage pour exercer ce métier. Ses années de service, à elles seules, ne suffisent pas à reconstituer le calcul de son salaire. Pour apprécier sa progression, il faudrait connaître les quotités rémunérées au cours de sa carrière et les compléments reçus.
Indemnités, fonctions et lieux d’exercice
À ancienneté et durée de travail comparables, les employeurs peuvent encore verser des rémunérations différentes. Ils examinent les droits de chaque agent aux indemnités liées à l’affectation, aux missions et à la situation familiale, en complément de l’indemnité commune déjà intégrée au montant de référence.
Un accompagnant peut recevoir le supplément familial de traitement, un complément accordé selon le nombre d’enfants à charge et les règles applicables. Lorsqu’il exerce comme référent, pour appuyer les autres AESH dans leurs missions, il peut bénéficier d’une indemnité spécifique fixée à 660 euros bruts annuels. Les gestionnaires identifient les fonctions confiées à l’agent avant de lui attribuer ce complément.
Dans les réseaux d’éducation prioritaire, les REP, et les réseaux d’éducation prioritaire renforcés, les REP+, les AESH peuvent également recevoir des indemnités. Les gestionnaires tiennent compte de la quotité et du temps accompli dans les établissements concernés. Un accompagnant affecté à plusieurs sites peut travailler une partie de la semaine dans ces réseaux et le reste ailleurs.
Les agents peuvent aussi recevoir des régularisations. Lorsqu’un employeur verse plusieurs mois d’indemnités sur un seul bulletin, l’AESH touche un rappel. Les gestionnaires reprennent ensuite le montant mensuel correspondant à ses droits. Pour apprécier son revenu habituel, il faut identifier la période couverte par chaque versement.
Les employeurs remboursent enfin certaines dépenses. Ils prennent en charge 75% des abonnements de transport domicile-travail, sous les conditions applicables. L’agent engage la dépense puis obtient sa prise en charge. Les gestionnaires ajoutent ce remboursement aux sommes versées sur le bulletin ; ils calculent toujours le traitement à partir de l’échelon et de la quotité.
Avec le CDI, une quotité souvent inchangée
Depuis la réforme de 2023, l’employeur qui renouvelle le contrat d’un AESH après trois ans doit le faire en CDI. L’accompagnant obtient un engagement à durée indéterminée et conserve son statut d’agent contractuel de droit public, recruté par contrat. Les gestionnaires continuent à calculer son traitement selon les paramètres de son emploi.
Les employeurs comptaient 15,7% d’AESH en CDI en 2020 et 63,9% en 2024. Pendant ces quatre années, ils ont fait passer la quotité moyenne de 62,1% à 63,4%. Ils ont stabilisé les contrats à un rythme supérieur à celui de l’allongement du service rémunéré.
Pour accroître son revenu par la durée du travail, l’AESH doit obtenir davantage d’heures intégrées au contrat. L’employeur modifie alors sa quotité et recalcule les éléments proratisés, ceux qu’il ajuste à la fraction de temps complet. Il augmente ainsi le traitement et l’indemnité commune selon la nouvelle durée rémunérée.
L’État prend en charge l’accompagnement humain pendant la pause méridienne, le temps du déjeuner, en application de la loi du 27 mai 2024. Lorsqu’un employeur ajoute ces heures au service et augmente la quotité d’un AESH, il doit formaliser la modification par un avenant, un document modifiant le contrat, avec l’accord de l’agent.
Certains accompagnants effectuaient déjà ces heures sous un contrat financé par une collectivité. Pour mesurer leur gain, il faut examiner les rémunérations reçues avant et après le changement. Le nouveau financeur peut reprendre des heures déjà payées. Les agents doivent donc regarder le volume total rémunéré.
Les inspecteurs chargés d’évaluer les missions des AESH estimaient en janvier 2026 que les pouvoirs publics n’avaient pas amélioré les rémunérations à la hauteur de leur intention initiale. Ils relevaient des difficultés d’organisation et des pratiques hétérogènes autour de la pause méridienne.
Une hausse recommandée de 10%
Les inspecteurs préconisent une revalorisation de 10%, par une amélioration de la grille et de la cadence d’avancement. Ils estiment son coût entre 276 et 300 millions d’euros par an. Ils cherchent notamment à réduire les situations de stagnation salariale rencontrées dans les carrières.
Ils formulent cette hausse comme une recommandation dans leur rapport de janvier 2026. Pour l’intégrer à une rémunération actuelle, les gestionnaires auraient besoin d’une mesure entrée en vigueur précisant les nouveaux montants et leurs bénéficiaires. Au 9 octobre, son application générale reste à confirmer.
Interrogés au printemps 2025 sur leur vécu professionnel, 90% des accompagnants répondants jugeaient leur rémunération insuffisante au regard du travail réalisé. Les inspecteurs recommandent une augmentation dans un métier où les agents expriment ce décalage entre leurs missions et le revenu qu’ils en tirent.
À ce niveau de revenu, les accompagnants surveillent aussi leurs dépenses quotidiennes. Dans certains collèges de l’Oise, ils ont subi une hausse du prix du repas en septembre 2026. Le département explique les anciens tarifs par une erreur ; les agents concernés doivent désormais payer 5,05 euros à la cantine, contre 2,70 euros auparavant.