Combien gagne Éric Zemmour ?

05/06/2026

Cinq appartements, des centaines de milliers d’euros par an, une société d’édition florissante : plongée dans les revenus et le patrimoine d’Éric Zemmour.

Il se tient devant la 17ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris et évoque « 5 000 euros par mois » pour décrire ses revenus. Quelques mois plus tôt, des articles chiffrent à 505 000 euros ses gains pour l’année 2019, en additionnant droits d’auteur et revenus versés par sa société. Au moment de la présidentielle de 2022, sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique fait apparaître 4 874 364,09 euros d’actifs bruts. Entre ce qu’il dit gagner et ce que montrent les documents publics, l’écart nourrit depuis plusieurs années les articles sur la fortune d’Éric Zemmour.

Origines et ascension scolaire

Éric Zemmour naît le 31 août 1958 à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, dans une famille juive venue d’Algérie française après l’indépendance. Les portraits biographiques publiés lors de la présidentielle de 2022 indiquent que son père est ambulancier et que sa mère s’occupe du foyer.

Il suit sa scolarité secondaire au lycée Louis-le-Grand, à Paris, puis entre à l’Institut d’études politiques de Paris à la fin des années 1970. Plusieurs biographies rappellent aussi deux échecs au concours de l’ENA avant son orientation définitive vers le journalisme politique.

Ce détour par Louis-le-Grand, Sciences Po et la préparation de l’ENA le fait entrer très tôt dans les circuits de formation de l’élite parisienne. Ce point compte dans la lecture de sa trajectoire, car son récit public d’outsider s’appuie souvent sur ses origines sociales plus que sur sa socialisation scolaire réelle.

Les années de rédaction

En 1986, il rejoint Le Quotidien de Paris comme journaliste politique. Il y couvre la vie parlementaire et les rapports de force à droite, avant de collaborer à d’autres titres dans les années 1990.

Il passe ensuite par Le Figaro Magazine puis s’installe au Figaro comme éditorialiste politique. Ses chroniques portent alors sur la droite, l’État, l’immigration et l’identité nationale, thèmes qui vont progressivement devenir sa marque médiatique.

Les revenus précis de cette première période ne sont pas documentés publiquement, mais il a perçu 66 181 euros de revenus annuels au Figaro en 2020. Ce montant correspond à l’équivalent d’environ 5 500 euros nets par mois et le place dans le haut de la grille salariale du quotidien selon la presse économique.

Le passage à la télévision

Au tournant des années 2000 et surtout dans les années 2010, il devient une présence régulière sur les plateaux de radio et de télévision. Il intervient notamment sur France 2, RTL, CNews et Paris Première, avec un rôle de chroniqueur puis d’éditorialiste vedette.

Cette visibilité change l’échelle de ses revenus. Ses interventions dans « Face à l’info », sur CNews, sont estimées entre 2 000 euros et 3 000 euros bruts par émission, ce qui représente entre 20 000 euros et 30 000 euros nets par mois lorsque sa présence est quasi quotidienne.

En parallèle, sa participation à une émission hebdomadaire sur Paris Première est estimée à 7 000 euros par semaine, soit environ 28 000 euros par mois. Ces montants s’ajoutent alors à sa rémunération au Figaro, ce qui fait de lui l’un des commentateurs les mieux payés de la place parisienne avant son entrée en politique.

La mécanique des revenus cumulés

Juste avant la présidentielle de 2022, plusieurs articles estiment ses revenus mensuels cumulés entre 40 000 euros et 50 000 euros. Ces évaluations additionnent ses cachets sur CNews, ses revenus sur Paris Première et son salaire du Figaro.

À CNews seules, ses interventions peuvent représenter près de 360 000 euros bruts sur une année complète. Additionnés aux autres activités, ces montants installent un modèle de revenus fondé sur la multiplication des supports plutôt que sur un seul poste salarié.

Cette période est essentielle pour comprendre la suite. C’est à ce moment qu’il cesse d’être seulement un journaliste bien payé pour devenir une personnalité qui monétise sa présence médiatique sur plusieurs marchés à la fois : télévision, presse écrite et édition.

Les livres et la société Rubempré

À ces revenus audiovisuels s’ajoutent ceux des livres. Ses droits d’auteur cumulés atteignent environ 2,7 millions d’euros avant impôts avant même la sortie de « La France n’a pas dit son dernier mot ».

Une partie importante de ces recettes transite par la SARL Rubempré, dont il détient 90% des parts, les 10% restants appartenant à son épouse. Dans les déclarations rendues publiques en 2022, cette société est valorisée autour de 1,5 million d’euros à 1,53 million d’euros.

Pour l’année 2019, ses revenus totaux sont chiffrés à 505 000 euros, dont 265 000 euros versés par Rubempré et environ 240 000 euros de droits d’auteur. En 2020, sa société lui verse 521 700 euros, puis 180 000 euros en 2021, ce qui confirme le rôle central de cette structure dans ses gains récents.

Son livre « La France n’a pas dit son dernier mot », publié en 2021, renforce encore cette dynamique. Ce seul ouvrage lui aurait rapporté au moins 1,5 million d’euros, sur la base de plus de 130 000 exemplaires vendus en deux semaines puis 35 000 la troisième.

Une photographie patrimoniale avant la présidentielle

La dernière photographie complète de sa fortune date de mars 2022, au moment où sont publiées les déclarations des candidats à l’élection présidentielle. Éric Zemmour y déclare 4 874 364,09 euros d’actifs bruts.

Après prise en compte des dettes, essentiellement immobilières, le patrimoine net ressort à 4 241 033,65 euros. Le détail comprend cinq appartements, dont quatre à Paris, pour une valeur totale d’environ 2,9 millions d’euros.

Parmi ces biens figure un appartement de 165 m² évalué à 1,8 million d’euros, ainsi qu’un studio de 32,4 m² estimé à 176 440 euros. Il déclare aussi des comptes bancaires et des contrats d’assurance-vie dont le montant total avoisine 450 000 euros, répartis entre BNP et la banque Lazard.

Cette photographie reste la plus complète disponible à ce jour dans l’espace public. Depuis sa défaite en 2022, aucune nouvelle déclaration patrimoniale équivalente n’a permis d’actualiser précisément son niveau de fortune.

La rupture avec les médias

À partir de 2021, alors que son temps de parole est décompté comme celui d’un acteur politique, il se met en retrait des plateaux puis quitte CNews, Paris Première et Le Figaro. Cette rupture met fin à des revenus mensuels estimés entre 40 000 euros et 50 000 euros.

Le manque à gagner est réel, mais il intervient après l’accumulation d’un patrimoine immobilier important, d’une société valorisée à plus de 1,5 million d’euros et de revenus d’auteur déjà très élevés. La conversion à la politique ne se fait donc pas depuis une position de fragilité économique.

Il conserve ses cinq appartements, ses placements et sa structure d’édition, tout en continuant à tirer des recettes de ses livres autoédités. La sortie des médias salariaux n’efface donc pas les revenus déjà capitalisés pendant plus de dix ans.

Un discours d’outsider et des revenus élevés

Pendant la campagne présidentielle de 2022, il se présente comme un candidat « anti-système » et critique à plusieurs reprises les élites politiques et médiatiques. Dans le même temps, les articles consacrés à son patrimoine rappellent qu’il appartient, par ses revenus et ses actifs, au groupe des candidats les plus aisés de l’élection.

Les enquêtes publiées à cette période reviennent sur le décalage entre cette posture et ses revenus passés. Le point le plus commenté reste sa déclaration devant la justice sur ses « 5 000 euros par mois », alors que les chiffres publiés pour 2019, 2020 et 2021 décrivent des gains très supérieurs.

C’est là que se fixe durablement le cœur du sujet journalistique : non pas seulement la richesse d’Éric Zemmour, mais l’écart entre son récit public et les traces comptables laissées dans les documents disponibles.

Une trajectoire entre médias, édition et politique

Sa trajectoire professionnelle suit un enchaînement net : journaliste politique dans la presse écrite, éditorialiste dans un grand quotidien, chroniqueur vedette à la télévision, essayiste à succès, puis candidat à la présidentielle et président de Reconquête. À chaque étape, les revenus montent d’un cran et changent de nature.

Le salaire de rédaction laisse place à des cachets audiovisuels de plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois, puis à des droits d’auteur et à des revenus sociétaires dépassant parfois le demi-million d’euros annuel. La déclaration de 2022 fixe ce parcours dans les chiffres, avec un patrimoine net supérieur à 4,24 millions d’euros.

Les informations relatives aux revenus, patrimoine ou rémunérations mentionnées dans cet article sont issues de sources publiques (déclarations fiscales rendues publiques, rapports officiels, estimations de tiers, déclarations des intéressés eux-mêmes ou de leurs représentants, ainsi que de publications et articles de presse). Ces données sont fournies à titre informatif et peuvent être approximatives, incomplètes ou ne plus refléter la situation actuelle à la date de lecture. Elles ne constituent en aucun cas une évaluation comptable ou juridique certifiée. Toute personne concernée qui souhaiterait apporter un correctif peut contacter la rédaction à l'adresse suivante : contact [@] combiengagne.fr.
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Louis Gastebois - Rédacteur en chef /// Diplômé du CELSA, Louis Gastebois a fait ses armes au pôle économie du Groupe Lafont Presse avant de rejoindre Combien Gagne. Il est spécialisé sur les rémunérations des hommes politiques et des élus : ministres, députés, sénateurs, élus locaux... Ses sources de prédilection sont : la HATVP (Haute Autorité pour la transparence de la vie publique), déclarations d'intérêts, rapports parlementaires, médias locaux.

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