Combien gagne un maître de conférences à l’université ?

14/10/2026

Quel salaire net pour un maître de conférences ? La grille fournit un premier repère. Primes et complément annuel modifient le revenu réellement perçu.

Le ministère de l’enseignement supérieur classe les nouveaux maîtres de conférences, enseignants-chercheurs des universités publiques, en tenant compte de leurs services antérieurs. Deux personnes recrutées la même année peuvent commencer avec des traitements différents. Les agents qui assurent des heures complémentaires, au-delà de leurs obligations d’enseignement, perçoivent 43,50 euros brut par heure de travaux dirigés (TD).

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Du traitement au revenu effectivement perçu

Un maître de conférences perçoit entre 2 358,01 et 5 277,22 euros brut mensuels de traitement indiciaire, sa rémunération de base, dans une université publique française. Au 9 octobre 2026, l’État verse également une prime statutaire, attachée à la position de l’agent dans la hiérarchie, et attribue d’autres indemnités selon sa situation. L’enseignant-chercheur reçoit ces versements, puis acquitte ses cotisations et ses retenues personnelles.

Le ministère répartit les maîtres de conférences entre deux grades, niveaux hiérarchiques du corps, qui regroupe les fonctionnaires relevant du même statut : la classe normale et la hors classe. En classe normale, un enseignant-chercheur avance sur neuf échelons, les étapes de progression dans ce grade, depuis 2 358,01 euros brut au premier jusqu’à 4 110,52 euros au neuvième. En hors classe, il peut atteindre 5 277,22 euros au dernier chevron, subdivision rémunérée d’un échelon, de l’échelon exceptionnel. L’agent doit obtenir les promotions nécessaires pour rejoindre cette position.

À ce traitement, l’État ajoute la composante statutaire du régime indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs, le RIPEC. Le gouvernement a fixé cette prime à 4 800 euros brut annuels à compter de l’exercice 2025. En divisant par douze, on obtient 400 euros mensuels. Au cinquième échelon de classe normale, un maître de conférences reçoit ainsi l’équivalent de 3 836,10 euros brut pour son traitement et cette prime.

Position dans la carrièreTraitement brut mensuelTraitement et prime statutaire, équivalent mensuel brut
Classe normale, premier échelon2 358,01 €2 758,01 €
Classe normale, troisième échelon2 899,52 €3 299,52 €
Classe normale, cinquième échelon3 436,10 €3 836,10 €
Classe normale, neuvième échelon4 110,52 €4 510,52 €
Hors classe, sixième échelon, dernier chevron4 809,56 €5 209,56 €
Hors classe, échelon exceptionnel, dernier chevron5 277,22 €5 677,22 €

Dans ce tableau, on additionne le traitement indiciaire et un douzième de la prime statutaire. Un agent peut recevoir des sommes supplémentaires lorsqu’il exerce des responsabilités rémunérées, obtient une prime individuelle ou assure des enseignements complémentaires. L’administration peut également lui verser un complément différentiel, qui comble l’écart avec le seuil réglementaire prévu pour les rémunérations les plus faibles.

Au premier échelon, les 2 758,01 euros indiqués couvrent donc deux éléments de rémunération. Au sommet de la grille, un maître de conférences peut dépasser 5 677,22 euros avec d’autres versements. Entre ces positions, deux agents au même échelon peuvent percevoir des totaux différents. Ils partagent le même traitement et la prime statutaire, puis reçoivent les suppléments attribués dans leur situation.

L’administration verse ces éléments selon leurs échéances respectives. Un enseignant-chercheur peut recevoir, au cours de l’année, des sommes concernant une période antérieure. En rapportant ses revenus à douze mois, on obtient sa rémunération annualisée. Au premier échelon, un bénéficiaire du complément reçoit davantage que les deux montants additionnés dans le tableau. À chaque position, l’agent acquitte ensuite les prélèvements calculés sur sa rémunération.

Salaire net, trois repères avant impôt

Un fonctionnaire acquitte plusieurs prélèvements sur sa rémunération. Il verse 11,10% de son traitement indiciaire pour la retraite de base. L’agent cotise aussi à la retraite additionnelle de la fonction publique, la RAFP, sur ses primes dans la limite réglementaire. Il paie la contribution sociale généralisée, la CSG, et la contribution au remboursement de la dette sociale, la CRDS.

Avec ces taux, on peut estimer le net correspondant au traitement et à la seule prime statutaire. Au premier échelon de classe normale, un maître de conférences obtient environ 2 213 euros avant impôt. Au cinquième, il atteint environ 3 069 euros ; au neuvième, environ 3 604 euros. Pour ces simulations, on applique 5% de cotisation RAFP à la prime et 9,7% de CSG et CRDS sur 98,25% de la rémunération concernée.

Un bénéficiaire du complément différentiel reçoit davantage sur l’année. Un titulaire d’autres primes ou indemnités augmente également son total. Dans les estimations, on retient uniquement le traitement et la prime statutaire. L’agent acquitte aussi des retenues personnelles, notamment pour sa protection sociale complémentaire, la couverture de ses frais de santé.

L’administration fiscale prélève ensuite l’impôt selon le taux applicable à chacun. Deux enseignants-chercheurs ayant le même traitement et les mêmes primes peuvent donc recevoir des montants différents sur leur compte. Avant impôt, on compare leurs rémunérations après cotisations ; après prélèvement à la source, on tient aussi compte de leur situation fiscale.

1 607 heures pour la garantie des « deux Smic »

L’État complète certaines rémunérations depuis 2021. Le gouvernement a créé une indemnité différentielle pour les maîtres de conférences et d’autres personnels de recherche, applicable à compter du 1er janvier de cette année. L’agent peut la recevoir lorsque sa rémunération annuelle retenue reste inférieure au seuil réglementaire.

Le gouvernement calcule ce seuil à partir de deux fois le montant brut annuel du Smic, le salaire minimum légal, sur une base de 1 607 heures pour l’année civile considérée. L’administration additionne ensuite le traitement, l’indemnité de résidence, liée au lieu d’affectation, le supplément familial, versé selon les enfants à charge, et les primes réglementaires entrant dans la comparaison. Elle inclut normalement la composante statutaire du RIPEC, puis verse la différence éventuelle entre ce total et le seuil.

Un bénéficiaire atteint ainsi le niveau prévu après prise en compte de ces éléments. En ajoutant toutes les primes à un montant déjà présenté comme « deux Smic », on compterait une partie de ses revenus deux fois. Le gouvernement a cependant exclu certaines sommes de la comparaison, dont les indemnités pour enseignements complémentaires ou de jury. L’agent conserve ces versements en supplément du revenu retenu pour le calcul.

Depuis le 1er juin 2026, un salarié payé au Smic à 35 heures perçoit 1 867,02 euros brut mensuels. En doublant, on obtient 3 734,04 euros. Pour un maître de conférences, l’administration applique la formule annuelle sur 1 607 heures et tient compte des taux du Smic pendant l’année considérée. Elle calcule le complément avec ces paramètres.

L’administration verse l’indemnité annuellement, au plus tard en février de l’année suivante. Elle adapte le calcul au temps partiel et aux années incomplètes. Un agent recruté en septembre reçoit ainsi le complément correspondant à sa période d’activité.

Un bénéficiaire peut aussi voir son traitement augmenter et son complément diminuer. L’administration réduit l’écart restant à combler lorsque l’agent avance dans la grille. Il peut donc gagner davantage en traitement sans recevoir une hausse équivalente de son revenu total. Tant qu’il bénéficie du complément, il faut examiner l’ensemble de ses versements pour mesurer la progression de sa rémunération.

Le classement initial, une décision sur pièces

Le ministère peut classer deux nouveaux recrutés à des échelons différents. Il tient compte des services antérieurs des lauréats, sous réserve d’une demande accompagnée des justificatifs. Un enseignant-chercheur peut donc entrer dans le corps au-delà du premier échelon.

Le ministère accorde au lauréat un an pour présenter cette demande. Il applique le classement à la date de nomination. L’agent rassemble les pièces retraçant son parcours ; l’administration les examine pour déterminer sa position de départ. Dès le recrutement, elle traduit ainsi l’expérience reconnue en ancienneté dans le corps.

Les enseignants-chercheurs recrutés la même année peuvent rejoindre les échelons suivants à des dates différentes. Un agent qui entre plus haut atteint plus tôt les traitements correspondants, compte tenu de l’ancienneté reconnue.

Le ministère présente un calendrier de progression depuis le premier échelon. En attribuant chaque montant à un nombre d’années depuis le recrutement, on effacerait le classement initial. L’administration rémunère chaque nouvel entrant à la position reconnue dans sa décision de classement. À expérience reprise différente, elle peut donc verser des traitements différents dès la nomination, puis appliquer le calendrier de l’échelon retenu.

Primes fonctionnelles et individuelles

Deux maîtres de conférences au même échelon peuvent exercer des fonctions différentes. Dans le RIPEC, le gouvernement a prévu une composante fonctionnelle, liée aux responsabilités exercées, et une prime individuelle liée aux activités et à l’engagement professionnel. Les établissements attribuent ces éléments selon les règles nationales du régime indemnitaire.

Le gouvernement a fixé trois plafonds annuels pour les fonctions : 6 000 euros pour les responsabilités particulières ou missions temporaires, 12 000 euros pour les responsabilités supérieures et 18 000 euros pour les fonctions de direction. Un enseignant-chercheur reçoit le montant attribué pour les fonctions exercées, dans la limite de son groupe.

Pour la prime individuelle, les enseignants-chercheurs déposent une demande. Lorsqu’ils l’obtiennent, ils peuvent percevoir entre 3 500 et 12 000 euros annuels. Le gouvernement fixe un plancher pour les primes attribuées ; chaque candidat doit suivre la procédure avant de bénéficier d’un versement. Il prévoit cette attribution pour trois ans.

Avec le même traitement, un bénéficiaire reçoit ainsi un supplément que son collègue peut ne pas toucher. Un titulaire de responsabilités rémunérées augmente son revenu en exerçant les fonctions concernées. À échelon identique, les agents peuvent donc recevoir des totaux différents selon les décisions indemnitaires prises pour chacun. Les établissements rémunèrent ici des responsabilités ou un engagement évalué.

Le ministère a également annoncé une trajectoire portant la prime statutaire à 6 400 euros annuels à l’horizon 2027. Au 9 octobre 2026, le montant réglementaire reste de 4 800 euros. Pour établir la rémunération actuelle, on retient ce barème ; pour apprécier la trajectoire annoncée, on conserve l’échéance de 2027.

Avec les heures complémentaires, 43,50 euros par TD

Un maître de conférences peut assurer des enseignements au-delà de ses obligations de service. Il perçoit 43,50 euros brut pour une heure de TD. L’administration applique les taux réglementaires des heures complémentaires, qui suivent les revalorisations du point d’indice, l’unité monétaire utilisée pour calculer le traitement des fonctionnaires.

À ce taux, un agent qui réalise quarante heures rémunérées reçoit 1 740 euros brut sur l’année. Un collègue qui assure uniquement son service reçoit la rémunération attachée à ses fonctions et les primes qui lui ont été attribuées.

Un enseignant-chercheur assure, pour moitié de son activité de référence, 128 heures de cours ou 192 heures de travaux dirigés ou pratiques, ou une combinaison équivalente. Il prépare les enseignements et contrôle les connaissances ; il consacre l’autre moitié à la recherche. L’administration peut aussi moduler son service dans les conditions prévues par le statut.

Lorsqu’il assure ces enseignements complémentaires, le maître de conférences ajoute des heures au service retenu pour lui. Il reçoit alors le taux correspondant au volume effectué et augmente son revenu en consacrant davantage de temps à l’enseignement.

La hors classe et ses promotions sélectives

Un maître de conférences parcourt théoriquement la classe normale en vingt et un ans et six mois depuis son premier échelon. Il atteint alors 4 110,52 euros brut de traitement mensuel. Pour progresser au-delà, il doit obtenir une promotion de grade.

Le ministère exige notamment qu’un candidat à la hors classe ait atteint le septième échelon et rempli les conditions de services prévues par le statut. Il procède ensuite à une sélection. Pour accéder, au choix, à l’échelon exceptionnel, un maître de conférences doit justifier d’au moins trois années de services effectifs au sixième échelon de la hors classe.

Alain Pagano, maître de conférences en écologie à l’Université d’Angers, témoignait en septembre 2024 avoir atteint le dernier échelon de classe normale après vingt-deux ans de carrière. À cette date, il se trouvait au terme de la progression dans son grade. Un agent dans cette position doit obtenir une promotion pour rejoindre les traitements supérieurs.

Pour leur retraite de base, les fonctionnaires cotisent sur le traitement indiciaire. Sur les primes et indemnités, ils acquittent une cotisation à la RAFP dans les limites de ce régime. Lorsqu’ils reçoivent un supplément indemnitaire, ils augmentent leur revenu courant et acquièrent des droits selon les règles de la retraite additionnelle.

L’agent verse 5% sur les primes et indemnités retenues pour la RAFP, avec une assiette, la rémunération soumise à cotisation, plafonnée à 20% du traitement indiciaire brut. L’employeur verse également 5% sur cette assiette.

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Ancienne pigiste pour Le Quotidien du Sport et L'Équipe Magazine, Guillaume Baroncel couvre pour Combien Gagne les revenus des sportifs (football, tennis, rugby, cyclisme, basket, athlétisme, MMA...). Il s'appuie sur les contrats rendus publics, les rapports financiers des clubs, les enquêtes de la presse sportive et locale.

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